Restrictions de visas, surveillance policière accrue dans les lieux fréquentés par les étrangers, apolitisme forcé pour les sportifs… Les autorités chinoises sont bien décidées à ne pas se laisser déborder par des étrangers aux comportements « déviants » pendant leurs Jeux Olympiques. Du coup, elles ont pondu 57 règles exclusivement destinées à régenter le comportement des étrangers du 1er août au 17 octobre 2008. Autrement dit, pile poil pendant la période olympique et paralympique. Soucieuses de donner une bonne image d’elles-même, ces autorités ont publiées ces directives sur le site officiel du comité d’organisation des Jeux Olympiques chinois, le Bocog. Mais en chinois uniquement, alors que tout le site est accessible en plusieurs langues.
Ces 57 règles sont organisées en huit sous-catégories (obtention de visas, vie nocturne, déplacements, conditions sanitaires….) et ont pour objectif de réformer l’esprit olympique, afin de le rendre conforme aux attentes de l’Empire du Milieu. Si certaines règles prêtent à rire, comme celle interdisant de « dormir dans les lieux publics (aéroport, gare…) ou dans les endroits à ciel ouvert (parc, ponts sur les périphériques) » ou encore celle expliquant que la police a le droit d’arrêter les personnes saoules sur la voie publique pour leur « propre protection », d’autres font rire… jaune. Ainsi, « la possession d’un billet pour les épreuves olympiques ne garantit plus l’obtention d’un visa » (sic !), « toutes démonstrations de nature politique, ethnique ou religieuse sont interdites ». De même que les « rassemblements publics, les défilés ou les manifestations n’ayant pas été approuvé par la police ». On ne se refait pas, même si on prend la précaution de le dire…
Portrait-robot de l’étranger « déviant » selon les Chinois
La lecture fastidieuse de cette liste permet également de dresser le portrait-robot de l’étranger qui n’est pas le bienvenu à Pékin. Ainsi, si vous avez déjà été expulsé de Chine dans le passé, avez baigné dans les milieux de la prostitution et de la drogue, souffrez d’une maladie sexuellement transmissible, de « problèmes mentaux ou de tuberculose », pas la peine d’aller faire la queue à l’ambassade de Chine pour un visa. Idem si vous avez été condamné pour « escroquerie », ne pouvez pas être autonome financièrement pendant la durée de votre séjour ou avez dealé de « l’opium ».
Quant aux étrangers qui pourraient être suspectés de « mettre en danger la Nation chinoise ou ses institutions » ou de commettre un acte terroriste, gare à eux, les geôles chinoises n’ont rien d’un cinq étoiles ! Le tout sachant que la notion de « subversion » made in China s’entend au sens large du terme : activistes pro-tibétains, défenseurs des droits de l’homme, prosélytes religieux, journalistes trop curieux… Sans oublier les apôtres du secrétaire général de Reporters sans Frontières, Robert Ménard. Mais que l’on se rassure ! Après le 17 octobre, date de la fin de l’application de ces règles, tout redeviendra normal et la Chine réouvrira ses portes !
100 000 policiers en faction
Ces 57 nouvelles règles qui font de tout étranger un « suspect » en puissance dans une Chine policière, plombent encore un peu plus la liesse de la grande messe olympique. Avec ce bataillon de directives, Pékin entend se prémunir contre toutes tentatives de détournement politique des Jeux et réaffirme par là même son déni de l’esprit olympique. Pourtant, avec plus de 100 000 policiers affectés à la seule surveillance des sites olympiques, on se demande bien pourquoi le gouvernement chinois se fait du mouron.
Alerte au huberlulu !
De drôles huberlulus s’aventurent parfois en Chine. Ainsi, il y a trois semaines, les passagers d’un vol intérieur entre Pékin et Chengdu (Sichuan) ont eu la surprise de voir embarquer un occidental accoutré d’une étrange tenue verte. Ce dernier a été débarqué par la police armée dans les meilleurs délais. Et pour cause ! Il avait déposé des autocollants du Falungong, une secte violemment combattue par le pouvoir chinois, un peu partout dans l’avion. L’appareil a décollé avec trois heures de retard sans le jeune disciple excité du Falungong.










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