L’affaire JPK deviendrait-t-elle enfin une affaire d’Etat ? JPK était le pseudo de Jean-Pascal Couraud dans Les Nouvelles de Tahiti où il signait des enquêtes concernant les « affaires » supposées de Gaston Flosse, alors Président de la Polynésie française (« Meurtre sur les tropiques », France 3 vendredi 20, 22 h 35). En décembre 1997, JPK a disparu mystérieusement et la thèse du suicide, d’abord évoquée, est abandonnée depuis longtemps. Depuis 2004 en tout cas, date à laquelle un Tahitien nommé Vetea Guilloux – parlant à visage découvert pour France 3 - a déposé à la gendarmerie un curieux témoignage, qui lui coûta même une condamnation et une incarcération. Deux de ses copains membres – comme lui- du GIP lui auraient raconté comment ils ont noyé JPK au large de Tahiti. Le GIP (Groupement d’intervention de la Polynésie) était une sorte de milice de Flosse chargée des gros travaux routiers et politiques. On y maniait aussi bien le bulldozer que le poing américain ou le micro clandestin. Et Couraud était filé par la cellule d’espionnage du GIP. Que s’est-il passé dans la nuit du 15 décembre 1997 ? Les deux gros bras avaient-ils un ordre expresse d’éliminer ce journaliste gênant – une espèce rare à Tahiti – ou l’interrogatoire a-t-il dérapé en assassinat ? Longtemps bloquée par un tribunal « tropicalisé », étouffée par des magistrats peu pressés de secouer le cocotier, l’enquête redémarre aujourd’hui. Un nouveau juge d’instruction a fait le voyage de Papeete jusqu’à Paris pour perquisitionner à la DGSE et chez Jean Veil, l’avocat de Jacques Chirac.
Tahiti rime avec Chiraquie
Car l’affaire JPK dépasse la barrière de corail de Tahiti. Quand on tire le fil de cette pelote, on arrive aux « affaires » de la Chiraquie et notamment à ce fameux compte bancaire que Chichi aurait abondamment garni au Japon, pays où il avait beaucoup d’amis, pas toujours recommandables. Notamment un banquier, nommé Osada. Pendant leurs trente ans de relations quasi familiales, Chirac et Flosse n’ont certainement pas échangé que des poignées de main.
Le reportage de France 3, d’une longueur inaccoutumée (1H 30), traçait le tableau pathétique de cette République cocotière. Cerise sur le gâteau, Elise Lucet avait invité sur son plateau notre Directeurissime Nicolas Beau (Honoré soit Son glorieux Nom !) et son co-auteur Olivier Toscer, du Nouvel Obs. Contre leur livre L’incroyable histoire du compte japonais de jacques Chirac (Les Arènes), l’avocat de Chirac, malgré ses annonces, n’a même pas porté plainte. C’est dire si le vent a tourné. Un nouveau procureur général, nommé par Rachida Dati, pilote depuis quelques mois le Tribunal de Papeete, de sinistre réputation. Les juges pourront-ils enfin travailler leurs dossiers ( une vingtaine s’accumulent concernant Flosse) ? Et saura-t-on un jour comment est mort Jean-Pascal Couraud, que maître Quinquis, l’avocat de Flosse, a qualifié élégamment devant la caméra de « petit branleur » ? Même morts, certains continuent de gêner. Résultat : ça branle dans le manche !
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