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Bachelot s’envoie en l’air et montre les crocs

mercredi 27 août
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Ouille ouille ouille

samedi 21 juin par Anne Steiger

Un salon d’épilation très intime, un chat amateur de SM, une reconstitution des pratiques de torture au sein de Guantanamo : gros mélange des genres ce soir pour un spécial « petites et (très) grandes douleurs ».

Epilation, tatouage, piqûres, brûlures – le tout mêlé d’une grande douceur et d’un torrent de sensualité. Mention spéciale du jury lors de la troisième édition du festival Cinemabrut qui s’est tenue fin mai à Mouans-Sartoux près de Nice, Orchis est une immersion de vingt minutes dans un salon d’épilation. Produit, réalisé et monté par une Française, Lata Masud, ce film est une approche sensuelle et profonde sur les douleurs que l’on s’inflige pour prendre soin de son corps et le mettre en beauté. L’esthéticienne que l’on suit, douce et tatouée jusque dans son intimité, raconte l’épreuve de la cire ou de l’aiguille. Plus de 100 000 visionnages en deux semaines pour un film Ouille ! mais hypnotique, tactile et délicieusement épidermique.

Deux tapettes sur un fessier poilu

Pour qui aime se voir infliger de petites douleurs, la fessée érotique entre adultes consentants est un classique du genre SM. Une déviance propre aux humains pensait-on, jusqu’au visionnage de cette vidéo… Si les internautes sont pour la plupart hilares (et bienveillants à l’égard du propriétaire forcé de fesser son chat pour le contenter), les réactions des défenseurs des animaux affluent doucement. L’anonyme propriétaire du chat est même menacé de mort par une Américaine de 58 ans.

Douleur et enfermement

Un démon souffre d’être enfermé dans une cage dont les geôliers sont des anges. Demon, réalisé par un certain Eoin Ryan, aura nécessité plus d’un an de travail pour 9 minutes et demi de film. Un résultat technique magnifique et une histoire que l’on peut interpréter de mille façons à lire les réactions des internautes – en substance, que nos émotions négatives nous enferment ; que l’amour et la beauté pures nous renvoient à notre propre monstruosité ; que vouloir enfermer l’objet de son désir, c’est finir par le tuer ; ou, plus terre-à-terre, qu’il faut savoir éviter de tomber amoureux d’un oiseau. A chacun d’en juger.

Concernant l’horreur de l’enfermement, on ne résiste pas à l’envie de rapprocher ce court-métrage d’un reportage anglais diffusé en 2005 sur Channel 4. Réalisé à partir de documents déclassifiés du gouvernement américain, The Guantanamo Guidebook est une reconstitution des pratiques de torture approuvées par le secrétaire d’Etat à la Défense, Donald Rumsfeld. Pendant 48 heures, sept volontaires, dont trois musulmans, ont été enfermés dans des cages pour une version « light » des traitements infligés aux prisonniers dans le camp américain : humiliations sadiques, nudité totale, privation de sommeil, conditions climatiques extrêmes et « contacts physiques modérés ». A l’époque où beaucoup d’anglais défendaient encore les techniques américaines pour « combattre le terrorisme », ce document voulait pousser les téléspectateurs à « réfléchir quant à la réelle utilité de ces techniques » - pour ne pas dire, à leur inhumanité. Après le tournage réalisé dans un entrepôt londonien, les « détenus » ont bénéficié d’une aide psychologique et trois d’entre eux ont jeté l’éponge avant la fin des 48 heures – ce que les vrais prisonniers de Guantanamo ne peuvent évidemment faire. Un document certes intéressant, à voir bien évidemment, mais choquant tant ce jeu de rôle est à mille lieux de reconstituer ne serait-ce qu’un infime partie de la réalité.


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