Ah il était heureux, Jean-Pierre Chevènement ! Heureux de retrouver une tribune et une place dans le débat politique. Le non irlandais au référendum sur le Traité de Lisbonne lui en avait donné une première occasion. Le congrès du MRC lui en a offerte une seconde.
Fort de ses 167 suffrages sur les 178 exprimés et en tant qu’unique candidat au poste, Chevènement a été élu fièrement à la présidence du MRC… un parti dont il était le président d’honneur et qui compte environ 4000 adhérents.
Chevènement, un brin arrogant, a salué cette victoire par un discours fleuve d’une heure et demie au cours de laquelle il a appelé au rassemblement de la gauche, au printemps 2011 au plus tard : « J’ai accepté la présidence effective du MRC, que je n’avais encore jamais exercée, pas seulement pour le MRC mais pour la refondation de la gauche, de la République et de la France ».
Le rassemblement de la gauche, véritable leitmotiv de ce congrès, a été clairement souhaité par Jean-Pierre Chevènement « pour que 2012 ne soit pas une nouvelle défaite ». « La ligne du MRC est très claire. Elle vise à contrarier, dans son intérêt même, le glissement à droite du parti socialiste et l’enfermement sur lui-même du parti communiste… Nous sommes capable d’apporter à la gauche, le logiciel dont il a besoin ». En clair, pour le MRC, le rassemblement de la gauche se fera sur ses bases. Ou ne se fera pas.
Ses amis, notamment du Parti socialiste qu’il a quitté en 1993, n’ont qu’à bien se tenir. D’autant plus que Jean-Pierre Chevenèment a annoncé qu’il serait candidat aux sénatoriales, de septembre prochain, pour le territoire de Belfort… « contre deux candidats socialistes. Mais je pense gagner. Sinon, je n’irai pas ». Les autres sont prévenus…
« Quand j’aurais quelque chose à dire, je le dirai. Même si ça doit déplaire à certains », a conclu le Che, un tantinet donneur de leçons au cours de son congrès.










