Le Roi du Maroc a quelques inquiétudes sur l’état de son armée, et il a raison. Face à l’Algérie gonflée de dollars grâce au cours du pétrole et qui vient de faire ses courses en Russie (au grand désespoir des Français), les militaires marocains font piètre figure. Ainsi, par exemple, les Mirage F1 qui ont en moyenne un quart de siècle ne sont plus à niveau du tout malgré le dépoussiérage tenté depuis quelques temps par un consortium Thalès et Safran.
Depuis plusieurs mois, les Marocains négocient avec Dassault l’achat de douze, voire de dix huit, Mirage pour moderniser sa flotte. Le patron de la BMCE Othman Benjelloun, le financier préféré de l’Armée, a même tenté au printemps dernier de s’immiscer dans cette négociation délicate provoquant l’ire du Palais. Déjà, le Maroc n’a pas le sou mais en plus certains voudraient alourdir « les frais commerciaux » du contrat. Quel manque de délicatesse !
Heureusement pour le Maroc, le souverain saoudien, Abdallah, a décidé de casser sa tirelire et d’aider ses amis marocains à se payer les Rafale. Le coût de l’opération s’élève à neuf milliards de dollars, on aimerait avoir des potes comme Abdallah.
Il le fait pour trois raisons au moins. La première est qu’il ne sait plus quoi faire de la masse de dollars qu’il récupère de la vente de pétrole et qu’il ne veut plus placer aux Etats-Unis, lui qui se distingue de son prédécesseur Fahd par une certaine indépendance face à Bush. Deuxièmement, il a un faible pour le Maroc, une monarchie amie où il aime passer l’été à chasser le faucon. Troisièmement, l’Arabie Saoudite n’a pas acheté d’avions aux Français, au grand dam de la Sofresa, l’officine du ministère de la Défense chargée de la vente d’armes, dirigée depuis le printemps par l’ancien directeur international de Dassault ; un haut fonctionnaire « drivé » par Alexandre Djhouri, conseiller personnel de Chirac et de Gourdault-Montagne en matière de contrats d’armements.










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