Bakchich.info a décidé de revenir sur une semaine socialiste… en décernant le « flop » et le « top » pour la présentation des contributions. A la « socialiste Academy », le premier prix revient ex-æquo à Martine Aubry et Ségolène Royal.
La Martine en mouvement
En plein milieu de semaine, la maire de Lille a rassemblé devant une nuée de caméras, ses fidèles au Café Rouge (IIIe arrondissement parisien). À la louche, les vieux soutiens Pierre Mauroy, l’ex Premier ministre socialiste et Marylise Lebranchu, qui a été Garde des Sceaux, Jack Lang, ancien ministre de la Culture. Les mauvaises langues diront qu’il n’y avait que des anciens…
Détrompez-vous, le rassemblement autour de Martine Aubry de la quasi-totalité des responsables socialistes du Nord et du Pas-de-Calais - deux des trois plus grosses fédérations en nombre de militants - montre que la maire de Lille va peser lourd dans l’issue du congrès du PS en novembre. Ce qui n’était pas encore acquis il y six mois, avant sa réélection aux municipales. C’est dire si le vent socialiste a tourné. Sacrée Martine ! Ressuscitée !
Parlant pendant plus d’une heure en détaillant point par point l’ensemble des grands thèmes de sa contribution, Martine Aubry, qui souhaite faire partie de la direction « resserrée » à l’issue du prochain congrès, a invité les socialistes à incarner « le mouvement, le progrès ». Voix posée et diction claire, elle a insisté sur la nécessité de repenser le programme social et de personnaliser les réponses, fondées sur « l’égalité et la solidarité ». Sans oublier l’Europe. La fille de Jacques Delors souhaite une Europe plus sociale et plus démocratique.
Ségolène Royal et la révolution fiscale
Ségolène Royal a, elle-aussi, rempli l’exercice avec brio. À la Maison de la Chimie, samedi 29 juin, l’ex candidate socialiste à la présidentielle, que ses meilleurs ennemis du PS accusaient d’être seule, a fait le plein. Avec la présence d’un millier de militants survoltés et de ses fidèles lieutenants - Aurélie Filippetti, Delphine Batho, Jean-Louis Bianco, François Rebsamen…
Royal a fourni la preuve qu’elle conservait un noyau de fidèles et une bonne cote chez les sympathisants, malgré des défections récentes comme celles de Gérard Collomb, maire de Lyon, ou Jean-Noël Guérini, président du conseil général des Bouches-du-Rhône.
En présentant sa contribution « Combattre et proposer », Ségolène Royal a milité pour sept « piliers » : elle prône une « révolution fiscale », avec prélèvement à la source et fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, la suppression des niches fiscales et le redéploiement du paquet fiscal. La présidente de la région Poitou-Charentes s’est aussi prononcée en faveur d’un mandat unique pour les parlementaires et a appelé à « repenser sans tabou » la sécurité sociale et à « bâtir un système de retraites transparent ».
Les flops de la socialiste Academy : Bertrand et les garçons
Bakchich a le regret d’informer les Reconstructeurs qu’ils obtiennent le dernier prix de la présentation à la « socialiste Academy ». Pourquoi cette mauvaise note ? Pour sanctionner leur manque de coordination. La contribution a été présentée officiellement à la presse, dimanche 29 juin, par Pierre Moscovici, Jean-Christophe Cambadélis et Arnaud Montebourg. Mais pour la plus petite histoire, Pierre Moscovici l’avait déjà rendue publique quatre jours auparavant, au cours d’une réunion avec les militants franciliens. Du coup, l’image d’unité des Reconstructeurs en a pris un coup. D’autant que leur texte intitulé « Besoin de gauche » est censé éviter trois « écueils » : « la présidentialisation du parti, l’immobilisme et les combinaisons ».
Que les Reconstructeurs se rassurent… Bertrand Delanoë obtient aussi un zéro pointé. Sa contribution est quasiment passée inaperçue car le maire de Paris a simplement décidé de rendre public son projet intitulé « Clarté, courage, créativité », hier mardi 1er juillet sur Internet. En clair, seuls les initiés étaient au courant… Un peu l’impression que ça a fait pschitt ! Pour les fidèles du courant, pas d’inquiétude à avoir, « le fond prime sur la forme ». Le fond ? Bertrand Delanoë prône notamment « un nouveau modèle capable d’apporter aux salariés une sécurité accrue », la « réhabilitation de l’impôt », le budget de la recherche porté à 3% du PIB…
A l’issue de cette folle semaine, le Conseil national du PS qui se tient ce mercredi devrait enregistrer une quinzaine de contributions générales… auxquelles peuvent s’ajouter des contributions thématiques.
La direction du PS affiche la couleur : les contributions ne doivent pas dépasser 90 000 signes. Il y a trois ans, avant le Congrès du Mans, les participants s’étaient lâchés : on avait recensé 10 000 pages. Mais encore fallait-il réussir à les lire… Il vous reste quelques mois pour y parvenir avant le dépôt des motions, en septembre, et le congrès en novembre.
En route, mauvaise troupe !
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