Dans Le Monde, Rama Yade, qui est « secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et aux droits de l’homme » (dans la (petite) mesure où ces droits ne concernent que d’assez loin l’homme chinois (populaire), ou le pékin libyen), pose la question suivante : « La France de Nicolas Sarkozy, c’est quoi ? »
Rama Yade répond (avec la même assurance qu’elle mit naguère à énoncer que l’enthousiasme benalique de son employeur ne lui posait aucun « problème »), que : « C’est d’abord la volonté politique de lutter contre toutes les formes de discriminations ».
Or.
On peut dire beaucoup de choses de la-France-de-Nicolas-Sarkozy.
(On peut observer, notamment, qu’elle s’inspire désormais, pour le fichage des citoyens, du modèle deutschedemokratischerepublikain.)
Mais à aucun moment on ne peut sérieusement soutenir qu’elle serait « une volonté politique de lutter contre toutes les formes de discrimination » – puisqu’aussi bien, dans la vraie vie, elle se caractérise, au contraire, par un besoin furieux de stigmatiser : le chômeur parasitaire (mais imaginaire), par exemple, mais tout aussi bien le mahométan à mouton (voir la vidéo), ou, naturellement, le pauvre con qui, refusant de faire allégance, devrait se casser « alors » (voir la vidéo en bas de page).
(Liste non exhaustive.)
Pour faire court ici (où la place est comptée), on rappellera tout de même à la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme que la-France-de-Nicolas-Sarkozy est assurément une volonté politique, mille fois revendiquée, de chasser dans les rues des êtres humains quotisés – connus sous le nom de sans-papiers.
On lui rappellera que cette vénerie a depuis treize mois (et quelques jours) son ministère, dont la description fut, au siècle dernier, faite en ces termes par un quasi-devin : « Un outil capable de traiter globalement l’ensemble du problème de l’immigration (…), un ministère (…) ayant autorité pour coordonner l’action de l’ensemble des administrations sur les questions d’immigration ».
Ce n’était pas Nostradamus : c’était Bruno Mégret.
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