Vos commentaires sur l’article de Marion Mourgue, « Sarko surfe sur la libération de Betancourt » :
Avant toute analyse, arrêtons-nous sur une remarque, somme toute pertinente, d’un lecteur anonyme. A la phrase prononcée par Nicolas Sarkozy au moment où l’on apprenait la libération d’Ingrid Betancourt : « Toute la France est heureuse de récupérer Ingrid », notre valeureux lecteur répond : « Sauf qu’elle n’est française que sur le papier… ayant épousé un français dont elle a d’ailleurs divorcé. » L’ex-otage le dit d’ailleurs, elle a le coeur partagé, entre sa « douce » France et la Colombie. Depuis mercredi 3 juillet au soir, les informations défilent, en boucle : Ingrid Betancourt libre, Ingrid Betancourt retrouve ses enfants, Ingrid Betancourt va séjourner quelques jours en France, etc.
Ingrid par ci, Ingrid par là. Et un certain nombre d’entre vous sont lassés. Par cet inlassable retour sur investissements qui rend toute autre information, fusse-t-elle très importante, inaudible, inaccessible. Un exemple nous est donné par Wow : « Inespéré pour Sarkozy, le buzz autour de sa vidéo "off" sur FR3 sera totalement enterré ». Des lecteurs sont lassés, aussi, par six années de refrain médiatique sur la belle Ingrid, devenue aujourd’hui, pour nombre de médias, dont l’Agence France Presse (AFP), l’icône de la France.
Deborah résume autrement et tout aussi franchement le ras-le-bol : « Et d’entendre les médias du prince qui touche les écrouelles s’emballer comme si le Messie était une nouvelle fois ressuscité m’exaspère ». Raannemari aussi : « Enfin terminé tout ce battage médiatique ». Du temps et de l’argent vont être, à coup sûr déployés pour libérer les autres otages dont personne de parle, prisonniers des farcs ou d’autres, ailleurs.
D’autres s’insurgent contre la différence de traitement entre une riche, jolie, politique, et célèbre femme ; et une parfaite et pauvre inconnue. Ainsi, SJM écrit : « Je déplore tout simplement le fait qu’aujourd’hui, appartenir à une riche famille française donne une certaine légitimité aussi bien aux médias qu’aux politiques de diffuser des semis-vérités, d’oublier un morceau du scénario. Toujours le même. »
Pas mal de larrons ont saisi l’occasion pour rappeler à Nicolas Sarkozy qu’il ne faut pas oublier de s’occuper des autres otages, au Proche-Orient notamment. Là, vos échanges sont un peu partis en vrille, amis lecteurs. Ce qui a fait dire à TOOMS : « Ouah, on a de l’analyse "lourde", ce matin. Backchich (enfin, ses lecteurs, quoi) est en pleine forme, dites-moi… De Betancourt (Ingrid, Lilliane, quelle importance, en effet) à la Shoah, il n’y a qu’un pas, donc ! »
Par contre, peu nombreux sont les commentateurs qui ont émis des réserves sur la politique et les méthodes d’Alvaro Uribe, Président de la Colombie proche des paramilitaires et du narcotrafic, comme Bakchich l’avait raconté. Grâce à son rôle dans le dénouement de cette histoire interminable, Alvaro Uribe est aujourd’hui vu comme un quasi-dieu vivant. Et ça tombe plutôt pas mal, vu les lourdes casseroles qu’il porte et qui commençaient à le ternir quelque peu, malgré sa grande popularité dans son pays. Etrangement, les casseroles d’Uribe ont été squizzées par les médias français.






