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Total travaille son Amnesty

Energies renouvelables / samedi 5 juillet par Francis Christophe
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Pour défendre son image, Total ne s’est pas contenté des prestations tarifées du Docteur Kouchner ; le pétrolier cultive une relation de qualité avec la section française d’Amnesty International. C’était d’autant plus facile que pendant des années, le Président d’Amnesty France a été le rédacteur en chef de la revue « Pétrole & Gaz arabe ».

Dans un souci louable d’élargir l’éveil aux problématiques de la défense des droits de l’homme, Amnesty International a engagé ce qu’elle nomme un dialogue constructif avec de grandes entreprises aux activités multinationales.

La section française de l’emblématique ONG entretient ainsi depuis des années des contacts de haut niveau avec les dirigeants du 4ème pétrolier mondial : Total. La qualité du dialogue s’est considérablement élevée lorsque Francis Perrin, rédacteur en chef de la revue spécialisée Pétrole et Gaz arabe fut élu président d’Amnesty France. Professionnellement, la direction de Total était pour sa revue à la fois une source, un partenaire, un client et un sponsor ; les abonnements et encarts publicitaires du pétrolier générant une relation quelque peu déséquilibrée en faveur de Total.

Il était naturel, pour une entreprise soucieuse de son image de marque écornée par son chantier birman, ayant fait d’elle, outre la complice de graves violations des Droits de l’Homme, le principal pourvoyeur de devises d’une clique de généraux sanguinaires, de cultiver avec le président de la section française d’Amnesty une liaison avantageuse.

Un « dialogue constructif »

Interrogé sur la notion de conflit d’intérêt entre son activité salariée et sa fonction de président d’Amnesty France, Francis Perrin a répliqué : « je ne comprends pas la question, je ne vois aucun conflit d’aucune sorte dans mes relations avec Total, nous entretenons un dialogue constructif… »

Ce dialogue constructif ne tarde pas à produire des effets tangibles : Mireille Boisson, responsable Birmanie à Amnesty-France, refuse systématiquement d’associer sa puissante ONG à toute manifestation hostile au rôle de Total en faveur des généraux birmans, prenant ainsi le contre-pied d’Aung San Suu Kyi et de son parti, qu’elle prétend défendre…

Mieux encore, lors de débats et de colloques sur la situation en Birmanie, Mireille Boisson n’hésite pas à voler au secours du pétrolier, en reprenant à son compte l’argumentaire de Christophe de Margerie selon lequel mieux vaut Total, pour les birmans, qu’une entreprise chinoise ou encore indienne. Indignés, des réfugiés politiques birmans se sont adressés, en vain, au siège d’Amnesty, à Londres.

Plus chanceuse, en juin 2008, Jane Birkin a obtenu confirmation téléphonique de Londres de la relation Amnesty-Total, ce qui expliquerait qu’aucune mention de Total ne figure dans les rapports, fort bien documentés par ailleurs, que l’ONG consacre à la situation catastrophique de la Birmanie. Pour remédier à cette grave lacune, Jane Birkin, dans son dernier titre, « Aung San Suu Kyi », souligne que Total verse plus d’un million de $ par jour dans les poches de la junte birmane.

En voilà du dialogue pleinement constructif.

À lire ou relire sur Bakchich.info

De Margerie, Kouchner, même combat. En Asie cette semaine, le ministre des Affaires étrangères n’a pas manqué de soutenir ses petits copains de Total englués dans la rébellion des bonzes.
Après la révolte, les massacres. Et les justiciers français et américains n’ont pas totalement envie de se priver du gaz birman, la seule sanction possible.
Total parviendra-t-il à rester courageusement en Birmanie ?
Les grandes puissances viennent enfin au secours de la Birmanie. sarko Ier veut même demander à total de quitter le pays… enfin… non, finalement, non

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Forum

  • Total travaille son Amnesty
    le mardi 22 juillet à 08:09, jpierre a dit :
    AI France a publié un communiqué le 11 juillet. Pourrait-il être publié ici ?
  • Total travaille son Amnesty
    le mercredi 16 juillet à 20:29, INFO BIRMANIE a dit :

    Message de la part du bureau d’Info Birmanie.

    Quelques éclaircissements, suite aux nombreuses réactions que l’article a suscitées, et aux nombreuses mentions faites de notre organisation Info Birmanie sur ce forum. A quel titre d’ailleurs sommes-nous cités ? Nous tenons à préciser qu’Info Birmanie n’a pris connaissance de l’article que le jour de sa publication dans Bakchich et qu’il n’est pas signé par Info Birmanie. Ce ‘détail’ semble avoir été omis dans plusieurs commentaires, et il semble juste de remettre un peu les choses à leur place.

    S’il est tout à fait normal de prendre en considération les points de vue des uns et des autres (comme le droit de réponse d’AI), il serait également de bon ton de ne pas citer à tort et à travers Info Birmanie, surtout s’il s’agit uniquement de décrier sa légitimité au travers d’insinuations malsaines. Ce n’est pas à coup d’attaques arbitraires et anonymes que la confrontation d’idées va avancer.

    L’article montre clairement les tensions qui existent au sein du collectif d’ONGs travaillant sur la Birmanie. La question de Total fait pourtant consensus parmi les acteurs de lutte en France… sauf avec Amnesty. Il est intéressant de lire dans les commentaires que ce consensus, qui porte sur l’application d’un régime de sanctions ciblées à l’égard de la junte militaire, est finalement présenté comme une action ‘radicale’. Belle façon de décrédibiliser le mouvement dans son ensemble ! Les investissements étrangers sont une rente versée aux généraux sans aucune conditionnalité, c’est ce à quoi nous tentons de mettre fin. Et ne croyez surtout pas qu’Info Birmanie soit seule à exercer des pressions dans ce sens : je vous invite à analyser les positionnements de Human Rights Watch, de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, d’Oxfam-France Agir Ici, des Amis de la Terre… Toutes ces grandes organisations internationales s’accordent à penser que des pressions économiques sont nécessaires pour parvenir à des négociations politiques. L’ensemble de ces organisations, sans bien sûr oublier le gouvernement birman en exil et le mouvement pro-démocratique birman, qui appellent également aux sanctions, seraient-ils tous coupables de mauvais jugement ?

    Pour terminer, ne vous en déplaise, la collaboration entre Info Birmanie et AI existe, en témoigne l’initiative commune de la célébration du 63è anniversaire d’Aung San Suu Kyi le mois dernier.

  • Total travaille son Amnesty
    le vendredi 11 juillet à 10:22, Dr Blanche a dit :
    Et on attends toujours avec une certaine impatience la défense de Mireille Boisson et de Francis Perrin ou -qui sait- le procès en diffamation.
  • Total travaille son Amnesty
    le jeudi 10 juillet à 14:00
    Bella Donna, cette critique d’Amnesty en Birmanie pour sa non condamnation de Total,le premier soutien financier de la junte, parait vous chagriner beaucoup. On ne peut pas vous en vouloir de la découvrir maintenant : il a fallu attendre la liberté de ton de Bakchich pour qu’elle apparaisse au grand jour. Les médias voient leur marges de manoeuvres limitées par leur publicité dont Total et Amnesty font partie. Il est par ailleurs difficile de détruire une icône, et Amnesty en est une ; les associations humanitaires sont souvent notre dernier rempart de protection mentale contre les horreurs de notre monde. Amnesty a parfaitement le droit d’accepter ou de refuser l’argent de Total pour soutenir son action. Mais ce choix n’est pas anodin, vous en conviendrez. Total en Birmanie cristallise toute la défiance et la haine que les Birmans vouent à notre pays encore et maintenant. La Fédération Internationale de Droits de l’Homme en France, quand à elle, appelle au retrait de Total de Birmanie depuis….. 1996
    • Total travaille son Amnesty
      le jeudi 10 juillet à 15:21, Bella Donna a dit :

      Cela fait des années que la Section française d’Amnesty International et Info-Birmanie se fritent sur la question de Total, donc je n’ai pas attendu cet article pour le savoir. En revanche, ce qui est nouveau, c’est qu’un membre (ou ancien membre) d’Info-Birmanie se sert de la presse pour faire étalage de ses suppositions (eh bien oui, tant ce que monsieur n’apportera pas de preuve à ce qu’il écrit, notamment sur le financement d’Amnesty par Total, je continuerai de considérer tout ceci comme des suppositions). Car enfin, cet article est basé sur une interview vieille d’il y a dix ans, sur des on-dit et sur les constructions mentales de son auteur. Pardonnez-moi, ce n’est pas pour moi du journalisme d’investigation et encore moins ce que j’appelle de la "liberté de ton".

      Par ailleurs, il n’y a pas que dans cet article que je relève bien des faiblesses, j’en relève aussi dans la défense d’Amnesty International France, dont le silence ne peut qu’attiser les suspicions.

      Amnesty International se tait sur la question de Total en Birmanie, ce qui est à mon sens une erreur. Info-Birmanie accuse Total d’être la pricipale cause des violations des droits de l’Homme en Birmanie, ce qui est à mon avis aussi une erreur. Malgré tout l’excellent travail effectué par ces deux organisations sur la Birmanie et ses nombreux problèmes, je constate hélas que Total les mène l’une et l’autre sur une mauvaise pente : une attitude bien trop frileuse d’un côté, et une attitude bien trop radicale de l’autre.

      • Total travaille son Amnesty
        le jeudi 10 juillet à 18:27
        Vous dites qu’Amnesty se tait sur la question de Total en Birmanie et que c’est une erreur. On est bien d’accord !!!
  • Total travaille son Amnesty
    le mardi 8 juillet à 13:48, Dr Blanche a dit :
    On comprends l’étonnement et l’incrédulité de certains lecteurs. Leur étonnement rejoint celui des membres d’Amnesty qui ont quitté l’association, insatisfaits et irrités de la non condamnation de Total en Birmanie par sa direction. Insatisfaits d’avoir comme Président une personne forcément liée à Total par son poste émminent dans un journal de business pétrolier . Insatisfaits de la molle condamnation d’Amnesty France du rapport Kouchner de 2003(Demandé par les avocats de Total au moment du procès en France liés au plaintes des victimes du chantier Total en Birmanie) On attends avec impatience la réponse de Francis Perrin et de Mireille Boisson nommément cités dans cet article.
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