Malgré l’acharnement inique du vent, de la pluie, et des heures de bureau qui n’en finissent plus, le Paris estival résiste. Bakchich aussi. Derrière le béton, loin des aéroports et des gares surpeuplés, « Bakchich » a découvert un p’tit coin de paradis, là où le vaste monde s’étend, en fait, juste sous vos pieds.
Car dès ce soir et jusqu’au 26 juillet, le Cabaret Sauvage déploie sa carte et offre aux oreilles curieuses un grand voyage à travers une série de concerts rares et multicolores. Plus d’une douzaine de pays viennent investir le célèbre lieu du canal de l’Ourcq, du Brésil à la Roumanie, de la Macédoine à la Colombie, en passant par le Maroc, Cuba et la Yougoslavie, en fanfare, en guitare ou en chanson.
Au commencement ce mercredi, projection d’un étrange film, « Cinémonstre », puis rencontre avec son réalisateur, Enki Bilal, bien connu dans le monde de la bulle. Le reste de la semaine sera juvénile, avec l’intarissable Sergent Garcia, les Blérots de Ravel pour les nostalgiques de la France du vin rouge et de l’accordéon, ou encore les trépidants gitans de Ojos de Brujo.
Rassurez-vous, la deuxième semaine du festival s’annonce plus sérieuse. Mesdames, mettez vos jeannots au chaud, car on n’enviera jamais assez la sublime Vanessa Da Mata, dont la voix suave et la grâce lumineuse empliront l’espace du cabaret, mardi 15 juillet, sur des airs de bossa nova, de pop et de reggae. La jeune chanteuse originaire d’un petit village du centre du Brésil, s’est fait connaître par son talent, mais aussi grâce au morceau « Boa Suerte/ Good Luck », en duo avec Ben Harper.
À remarquer aussi, vendredi 18, la venue de Band of Gnawa, avec entre autres, la participation de Louis Bertignac, guitariste de feu Téléphone et d’Akram Sedkaoui, le tunisien à la voix d’or et aux bleus yeux de biche. Un concert rare, où mélodies du Gnawa et rythmes occidentaux rock’n’roll s’uniront pour secouer les corps guimauves, dans la tradition des Beatles, de Hendrix et de Led Zeppelin.
Enfin, après le mercredi 23, folle soirée du groupe tzigane Emigrante, le festival se clôturera le samedi 26, sous le drapeau du Brésil, avec Marcelo D2, sommité du hip-hop brésilien. Mais Bakchich ne s’en tiendra pas là, et ira se gaver de grillades sur la terrasse du Cabaret, au soleil, car il finira bien par se montrer, avec le bon air du canal.








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