Pour la jeune femme que je suis, originaire d’une île de l’océan Pacifique, l’été est synonyme de corps ensoleillés, parfumés de monoï ; de longues plages désertes au sable fin, de cocotiers et de lagons entourés de récifs coralliens. Une plage en plein centre de la cité des Lumières ? Quelle idée ! Curieuse, je me lance donc à la découverte de cet événement si particulier.
Lundi 21 Juillet : un Ch’tis bien peu exotique
Ma première rencontre avec un acteur de « Paris-Plages 2008 », se déroule très simplement en flânant le long des quais de la Villette. Attirée par des pontons flottants, des barques, des pédalos et des jeunes gens tous vêtus de bleu, à l’allure « schtroumpfomatique » ; j’aborde le chef d’entreprise qui régit tout ce petit monde. Après avoir remporté l’appel d’offre de la mairie de Paris, ce lillois a mis quatre journées pour installer son matériel sur le bassin de la Villette. D’humeur joviale, il ne cesse de vanter le côté sympathique des gens du Nord. Encore un, qui ne peut s’empêcher de faire la promo des Ch’tis !
Une heure plus tard, me voilà partie pour de nouveaux horizons. Arrivée sur le parvis de l’Hotel de ville, de grandes pancartes explicatives installées pour l’occasion, rendent hommage aux jardins parisiens : « lieux de vie et de respiration ». Les arbustes et les plantes décorant ainsi le parvis, rendent le lieu luxuriant. Une question en passant : les grands (d)ébats entre Madame Royal et Monsieur Delanöé participent-ils, eux, à « l’oxygénation de » la ville de Paris ?
Mardi 22 Juillet : SDF versus Paris-Plages
Deuxième journée de la demoiselle des îles du Pacifique sur les traces non pas du grizzly, mais de la playa made in Paris. Ayant entendu parler du site de Bercy rive gauche, toute émoustillée à l’idée de nouvelles aventures, me voilà donc lancée en direction de la station de métro Bibliothèque François Mitterand. Mauvaise stratégie d’une débutante tout droit arrivée de sa province insulaire. Longeant le quai rive gauche de la Bibliothèque, mise à part quelques péniches arrangées à la mode pirate et la piscine Joséphine Baker, pas de cocotiers ni de sable fin.
A la recherche d’indications pour se rendre à Paris-Plages, mon attention est attirée par un pont sous lequel sont disposées une dizaine de tentes. Des campeurs. Il ne manque plus que l’odeur enivrante du poisson fraîchement pêché, cuit au feu de bois ! Ces derniers me disent habiter à cet endroit tout au long de l’année. L’image de ces SDF, campeurs par nécessité, ne colle pas à la fashion Paris-Plages. Lucien dort depuis deux ans sous ce pont. Il ne s’étonne même plus des dépenses faites par la municipalité de Paris pour sa période estivale. A quand un « SDF-Plage » ? Et surtout, à quand une politique de logement plus efficace ?
Mercredi 23 Juillet : peu importe l’endroit, le bronzage n’attend pas
De la Bibliothèque François Mitterand à l’île Saint Louis (rive gauche et rive droite confondues), pas de réelles animations Paris-Plages. Les quais sont pourtant envahis par des dizaines de personnes, n’ayant aucun complexe à se bronzer à même le sol dur des quais. Le « parisien est un animal » qui s’adapte à tout !
A l’heure du déjeuner, hésitant un peu sur le lieu où me poser, je décide d’opter pour un bout de quai, situé rive gauche. Le lieu est quasiment désert, le soleil brille à son zénith. Allongée sur une natte, me voilà donc les doigts de pieds en éventail, toute enduite d’huile bronzante. Fermant les yeux, je rêve à mon île dans le silence de l’été. Même éloignée de Paris-Plages et de ses installations artificielles, le bonheur est sur le quai.
Jeudi 24 Juillet : à vos marques, prêts, ramez…
Chères lectrices et chers lecteurs, je commence un peu à traîner des pieds à l’idée d’aller une quatrième fois à « Paname playa ». Au départ, impressionnée par tous les moyens mis en œuvre pour l’événement ; cette fin de semaine m’apparaît bien tristounette. De retour sur les quais de la Villette, me voici donc assise dans une barque, la rame à la main. De quoi évoquer la pirogue polynésienne ou Va’a.
Pour les Océaniens, la navigation est un élément très important de leur histoire commune. C’est grâce aux migrations « austronésiennes » en pirogue, que le peuplement des îles de l’Océan Pacifique a pu se faire. Notons que toutes ces îles furent regroupées selon des critères d’affinités pour donner la Micronésie, la Mélanésie et la Polynésie. Ramer s’avère donc idéal pour aller au contact des parisiens. Sur l’eau, jeunes et moins jeunes, parents et enfants s’amusent dans une ambiance récréative, teintée de rires et de sourires ensoleillés.
Fin de semaine : Paris-Plages à grands renforts de musique
Après une semaine de bronzage, la fête de la musique à Paris-Plages. Tout est possible à Paname. En fin de semaine, le Festival FnacIndétendances proposent jusqu’au 16 août, d’animer les quais aux rythmes musicaux d’artistes débutants et d’artistes confirmés.
La foule n’étant pas ma tasse de thé, je privilégie la musique d’un jeune guitariste, assis au bord d’un quai. Habituée à siroter une petite bibine en fin de journée au bord de la mer, avec des potes autour d’un feu de bois, au son d’une guitare sèche ; mon île n’a jamais été aussi présente dans ma tête, que durant ces soirées passées sur les quais.
Le compte à rebours est donné ! Paris-Plages : plus que trois semaines. Une alternative pour celles et ceux, qui n’auront pas la chance de se dorer la pillule cet été, sous les Tropiques !
Pour plus d’infos : Paris.fr








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