Esprits concupiscents s’abstenir. Pas question dans cette Autobiographie d’une travailleuse du sexe d’érotisme ou de confidences graveleuses. Au contraire, Nalini Jameela, aujourd’hui connue au-delà des frontières indiennes pour son combat en faveur des travailleuses du sexe, n’a de cesse d’exprimer les difficultés liées à la pratique d’un tel métier.
Elle revendique son exercice et réclame, militante, la « dépénalisation du travail sexuel » qui permettrait à ces « veshya » (littéralement « celle qui séduit ») de ne plus subir les violences et le racket sexuel qui constituent leur lot quotidien. Son ambition, affirmée dans la préface, était, avec cette deuxième édition, de corriger les imperfections contenues dans la première en raison d’un manque de temps et de faire de cet ouvrage une autobiographie qui « corresponde vraiment à [son] style, à ce [qu’elle est] vraiment ».
Le résultat laisse dubitatif. Alors que la fin du livre prend le ton d’un manifeste pour la liberté à disposer de son corps et contre l’hypocrisie d’une société qui refuse de protéger ces femmes, la majeure partie de l’ouvrage, retraçant les pérégrinations de son auteur, rate ses objectifs. On comprend que Nalini Jameela souhaite, en retraçant ses innombrables aventures, donner à comprendre la précarité extrême et les dangers auxquels elle a été amenée à faire face. Soit. Mais son récit, trop riche de détails inutiles, égare le lecteur et dessert son combat : « S’assurer qu’aucune loi ne vienne interdire à quiconque de vendre ou d’acheter une relation sexuelle s’il le désire ».








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