Arcanes de Chine, la Lettre confidentielle des hommes de pouvoir en Chine, très sérieuse et pleine d’humour, sort comme à son habitude le « bon Mao de la semaine ». Cette fois-ci, c’est le président chinois Hu Jintao qui décroche la palme. S’adressant à Nicolas Sarkozy lors du G8, il lance sans desserrer les lèvres : « la détérioration des relations franco-chinoises n’est pas du fait de la Chine ». Depuis leur première rencontre en novembre 2007, lors de la visite d’État de Nicolas Sarkozy en Chine, le « je t’aime moi pas du tout » des relations franco-chinoises ne fait que s’envenimer.
Le courroux du président chinois n’est peut-être pas sans fondement. Au cours de cette visite, Hu Jintao a profité de la présence du président français à Pékin pour l’inviter officiellement à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin. Celui-ci répond, avec la politesse qu’on lui connaît, « heureusement que vous m’invitez, mais je serais quand même venu » (sic !). L’entretien ne s’est pas terminé par la protocolaire poignet de mains, mais par une grande tape dans le dos envoyée par Sarkozy à son homologue. Choqué par cette marque d’ « amitié virile » peu usitée dans l’Empire du milieu, Hu Jintao est resté satisfait de cette parole, dite dans le cadre d’une visite officielle. Ouf ! Mais, à la suite des événements du Tibet, du conditionnement soudain de la venue de Sarkozy aux JO avec la reprise des discussions entre les autorités chinoises et le dalaï lama, la sauce piment est montée au nez du cacique en chef. Ce brusque manquement à la parole donnée du président français est certainement la cause de l’état catastrophique des relations franco-chinoises. Les deux hommes devraient s’en entretenir lors d’un rendez-vous à Pékin vendredi.
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