Une euphorie généralisée avait suivi la visite de Nicolas Sarkozy, il y a neuf mois, et le contrat signé dans la foulée entre Anne Lauvergeon (Areva) et l’électricien chinois China Guangdong Nuclear Power Company (CGNPC). « EDF espère, lui aussi, boucler un accord avec CGNPC dans les semaines qui viennent », notait à l’époque les Echos. Le président d’EDF, Pierre Gadonneix, signait alors un accord pour la création d’une joint-venture, dans le cadre d’une cogestion du site nucléaire de Taishan. Officialisé devant les présidents français et chinois, le contenu de cet accord n’était pas finalisé. Les discussions paraissent actuellement au point mort. La société chinoise veut une mainmise totale sur les installations, ce que l’opérateur français se refuse d’accorder.
Rien ne va plus !
Le comportement chaotique du groupe français est pour beaucoup dans les prétentions soudaines des Chinois. Une guéguerre interne fait rage au sein du groupe entre Paris et Pékin. Début 2006, la branche historique Asie Pacifique d’EDF s’est vue rétrograder au rang de simple direction. Et les bisbilles d’EDF à l’international se sont poursuivies. Le marché du nucléaire chinois n’est définitivement plus « au cœur de la stratégie d’EDF », comme l’affirmait Pierre Gadonneix au Monde le 22 novembre 2006. Un certain recentrage des impératifs industriels sur des marchés semblant plus faciles à pénétrer et plus prometteurs, explique également le délaissement du marché chinois. Les États-Unis, l’Afrique du Sud ou encore la Grande-Bretagne devaient être les nouveaux eldorados du nucléaire français. À moins que les filiales d’EDF dans ces pays prometteurs soient marginalisées dans le groupe, comme l’a été le département Asie.
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