Les « affaires » de la mairie de Paris n’en finissent toujours pas. Dernier épisode en date, la discrète audition de Claude Chirac, le 4 août dernier. Ce lundi-là, dans un désert médiatique bienvenu afin d’éviter les fuites, la fille de l’Ex a été entendue de longues heures au siège de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), à Nanterre, par les policiers de la DNIF. Ce service est chargé d’une commission rogatoire par la juge Xavière Siméoni dans l’affaire dite des « emplois fictifs » à la mairie de Paris, dossier officiellement ouvert pour « détournement de fonds publics ».
Jacques Chirac a été mis en examen dans l’affaire en novembre 2007
Interrogée comme simple témoin de 14 heures à 23 heures par les flics, ce fameux lundi, Claude Chirac, recasée à la direction de la communication du groupe PPR depuis son départ de l’Elysée, où elle conseillait son père, ne risque pas grand chose. Le dossier judiciaire, ouvert en 1998, ne concerne, hormis ceux qu’on pourrait appeler les « donneurs d’ordre », qu’une brochette de personnalités de droite ou proches de Chirac obligeamment rémunérées par la Ville de Paris, mais qui n’y mettaient jamais les pieds. Les époques Chirac et Tibéri sont visées par la procédure. L’ancien président Jacques Chirac été mis en examen – en tant que patron de la Ville – le 21 novembre 2007, soit 6 mois après avoir quitté la présidence, une première dans la République. D’anciens de ses directeurs de cabinet sont également poursuivis par la juge, tels Robert Pandraud, Daniel Naftalski, Michel Roussin et Rémy Chardon, ainsi que Bernard Bled, qui fut celui de Jean Tiberi.
Contrairement aux vrais faux conseillers du maire, Claude Chirac travaillait réellement au service Communication de l’Hôtel de Ville entre 1989 et 1993, date à laquelle elle a rejoint le RPR. Mais au lieu d’être payée par la Ville, elle était rémunérée par des entreprises privées. C’est à ne plus rien comprendre… La réponse de son entourage à l’agence Reuter, en 2007, alors que son audition était évoquée dans les milieux judiciaires, n’avait donc rien d’un mensonge : Claude « n’a jamais été rémunérée par la mairie de Paris. Aucun détournement de fonds publics ne pourrait lui être reproché ». On reconnaît là le doigté de la spécialiste en comm’…
La juge ne devrait pas poursuivre Claude Chirac
La juge, pourtant coriace, ne devrait pas demander au parquet de Paris d’élargissement de sa saisine, ce qu’on appelle dans le jargon un « réquisitoire supplétif ». Dépourvue de base judiciaire propice, Xavière Siméoni ne poursuivra donc pas la fille de Chirac.
Ce n’est pas la première fois que Claude Chirac est entendue dans des affaires judiciaires. Le 11 juillet 2001 – déjà en plein été – elle était convoquée chez les juges Renaud Van Ruymbeke et Marc Brisset-Foucault à propos de voyages payés en argent liquide. Les magistrats veulent l’interroger notamment sur deux voyages : un week-end à New York, à l’été 1993, et un voyage en Espagne, où Claude Chirac était accompagnée de son amie Christiane Stahl (montant : 9839 euros), la même année. Suite à une confusion dans les registres de l’agence de voyages, une escapade au Kenya en décembre 1993 lui avait également été attribuée ainsi qu’à Thierry Rey, son ancien compagnon. Mais elle avait démenti formellement.
Les dernières fois que la très discrète Claude Chirac s’est montrée en public, c’était le 30 juin dernier à la télé, au cours d’un documentaire consacré à son père, et le 2 juillet, jour des 80 ans de sa grande amie Line Renaud.








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