Ce qui va être pratique, c’est que dès que Nicolas Sarkozy (quel joli nom pour un héros du tsar-système) aura installé ses troupes en Russie, il sera idéalement placé pour envahir l’Afghanistan.
Si le président de la France lisait des livres d’histoire, ou tout simplement des vieux numéros de la revue Illustration, il comprendrait sans doute que son idéologie, celle du petit qui n’a pas peur des gros, risque d’être un peu juste pour « pacifier » ce vieux royaume de la guerre éternelle en sifflotant. Mais, bon, la « rupture » n’autorise-t-elle pas les miracles.
Tiens, nous allons parler d’un anniversaire : le 6 août 1839, sorti de leurs fourgons, les Anglais remettent sur le trône l’ancien roi détesté, Shah Shoja. Une marionnette du type Karzaï. Et que se passe-t-il chez les Pachtouns ? La tuerie.
Des guerriers, qui ne savent même plus pourquoi ils se battent si ce n’est que c’est leur boulot depuis 1500 ans, ne veulent pas de ce roi dont la montre est réglée sur l’heure de Londres, ni l’occupation de ses protecteurs princes et soldats de l’Empire britannique. Le tout s’achève deux ans plus tard, en 1841, par la fuite des troupes « indo-anglaises » et la mort de 16 500 soldats.
Le sparadrap du capitaine Haddock résumé l’Afghanistan
Comme le sparadrap du capitaine Haddock, depuis la naissance du monde, les Afghans mettent un plaisir vicieux à refuser toute forme d’occupation. Les Afghans sont des gens étranges, imperméables à la civilisation venue de l’ouest. Pour celle venue de l’est, ils furent tolérants et, dans les scènes sculptées que l’on retrouve sur certaines « stupa » ayant échappées au pillage de Malraux, « stupa » que connaît par cœur Jean-François Jarrige, ancien président du musée Guimet, on peut voir Bouddha et Alexandre le Grand s’embrasser. Et les grands bouddhas de Baminane , si délicatement dynamités par nos chers talibans, étaient là aussi comme un souvenir d’heures complexes pas toutes dévouées à Allah…
Bref, Alexandre a été viré, Solimane, pourtant Magnifique, a été viré, Gengis Khan a été viré, les Anglais ont été virés. Puis la sublime Armée Rouge à son tour : il faut en déduire que l’Afghanistan c’est comme un cheval de rodéo, on y grimpe mais on se casse assez vite la gueule. Sauf Sarko qui, en Camargue nous a montré un côté gardian du monde libre qui n’est pas sans intérêt. J’ai un peu l’impression d’être celui qui rit dans les cimetières. Alors que c’est faux. Je sais que dix types qui auraient bien pu devenir chômeurs, et sont devenus bidasses, sont morts dans une montagne où il n’y a rien à défendre.
Bidasses placés sous les ordres des mêmes types que ceux qui ont organisé la tragique tuerie de Carcassonne : balle à vrai pour balle à blanc. Depuis 1918, en dehors de Moncornet, de la 2e DB, du commando Conus, des aviateurs de Normandie-Niémen et des héros de la France Libre (essentiellement des civils), pas un militaire français n’a gagné une bataille. Il suffit d’avoir vécu assez longtemps pour connaître le discours : « on va les avoir, on les grignote. Il nous faut des renforts et l’appui des civils à l’arrière celui de la presse ». Même baratin des gradés américains au Vietnam. Ne pas oublier, et pour ce faire lire l’excellent bouquin de Lacroix-Riz Le Choix de la Défaite, qu’entre 1933 et 1939 nos élites militaires et bancaires, avec Pétain poussant les feux, ont choisi Hitler plutôt que le Front populaire. Et qui nous informe sur la réalité du « terrain » et celle de l’histoire ? Soit les militaires eux-mêmes, soit des journalistes embarqués par cette même armée et ravis de voler en hélicoptères pour faire de belles images.
Quant au chapelet d’amis de la guerre, qui s’égraine de Sarko à Moscovici, ils ne prêchent pas la croisade pour tuer des « terroristes », mais pour se donner une stature de balèzes et gagner des voix aux élections ou des points dans les sondages. Parions que les uns et les autres n’ont jamais entendu un coup de fusil et jamais fait un jour de service militaire…
En dehors d’Alexandre Adler, qui connaît Al Qaida ?
Karzaï lui-même, caniche de Bush, vient de limoger son général en chef accusé d’avoir couvert une bavure de l’aviation américaine : 90 civils tués, selon ce même régime de Kaboul dans le village d’Azizabad. Avant cette révélation, Jeffrey Schloesser, le patron US de la base de Bagram, avait parlé « d’une grande victoire contre le terrorisme et de la mort d’un chef important d’al-Qaida ! ».
Donc le danger dans le monde ce n’est pas le méthane échappé du cul des vaches, ce n’est pas les gens qui meurent de faim, c’est le retour du talibans et du Mollah Omar dont on espère que sa mobylette est compatible à l’éthanol. Les talibans qui font peur à Bush, Bliar et Sarko, ce sont les mêmes qui étaient reçus, un mois avant de 11 septembre, à Washington. Il s’agissait alors d’obtenir le passage d’un oléoduc. Les mêmes que ce merveilleux Gulbudin Hekmatyar que Mitterrand (père spirituel de Kouchner), faisait recevoir à Paris par Régis Debray alors dans l’arrière cuisine du pouvoir. Le taliban était là hier, il est là aujourd’hui et sera là demain pour une raison simple : il est plus chez lui qu’un demandeur d’emploi en tenue camouflée venue de Chaudron-en-Mauges. C’est ça l’histoire qu’on peut lire dans les livres que Sarkozy ne lit pas.
Et la question arrive, comme un Scud de Saddam : « Oui mais alors c’est Munich. Nous capitulons devant al Qaida ! » ; Vous savez, vous, où se terre Ben Laden. Vous savez ce qu’est al Qaida ? En dehors d’Alexandre Adler, personne ne sait rien de cette engeance. Mais faute de choper ce Ben-là, et son pote Omar, on bombarde des noces et banquets, des bergers qui rentrent au village. Et des gradés, du genre Carcassonne, vous explique à la télé qu’ils nous protègent du terrorisme.
La presse anglaise fait un vrai tintamarre depuis qu’elle a découvert que leurs soldats allaient utiliser là-bas une nouvelle arme « de destruction massive ». L’arme, on la connaît. Elle est vieille comme Staline. C’est une bombe qui vous tue deux fois. Un premier coup, celui de l’onde de choc vous déstructure. Et si vous avez résisté l’arme a pompé tout l’oxygène environnent et vous êtes asphyxié. Les démocraties ont toujours eu un peu de scrupule à utiliser cet engin pourtant si efficace. Jusqu’en 1991 où les américains l’ont balancée sur les troupes de Saddam au Koweit. Maintenant A’est le tour des Afghans. Tant que cette onde de choc ne touche ni le Cap Nègre ni le golf Royal et Ancien de Saint Andrew, il n’y a pas de vraies raisons de s’inquiéter.








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