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« Le Monde » / mercredi 10 septembre par Paul Litzer
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« Le Monde », autrefois fer de lance du journalisme français, s’incline désormais devant la vision anglo-saxonne du métier.

C’est un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître : à l’époque, le journal Le Monde était une référence dans toutes les chancelleries. Les décideurs politiques et diplomatiques de nombreux pays attendaient de savoir ce qu’écrivait le quotidien français. Il se passe quelque chose d’assez extraordinaire depuis quelques années : Le Monde ne tourne plus rond. On ne veut pas parler de ses problèmes financiers chroniques. Depuis 15 ans, le journal n’a jamais eu un vrai patron sachant gérer une entreprise. Le meilleur exemple – si l’on peut dire – a été Jean-Marie Colombani, qui a su séduire la rédaction pour être élu à la tête du Monde et qui s’est pris pour Citizen Kane. Grâce aux conseils du génial consultant multicartes Alain Minc – champion d’Europe incontesté des OPA ratées –, il a multiplié les acquisitions, pillant les sociétés rachetées pour financer un groupe qui s’est finalement effondré sur lui-même. Un plan de départs de plus de 100 salariés vient d’être bouclé.

Nous sommes tous américains, le retour

Mais plaie d’argent n’est pas mortelle. Toute entreprise peut traverser des difficultés. Ce qui est plus inquiétant avec Le Monde, c’est la décision de ses dirigeants d’accepter une sorte de vassalisation journalistique. Dernier exemple : le quotidien était tout fier de publier, dans son supplément « Economie » de lundi après-midi, une chronique de Martin Wolf, une des signatures du journal économique anglais Financial Times. L’arrivée de cette plume a même été annoncée en première page du Monde le week-end dernier. On rappellera que, depuis quelques années, ce qui fut le « quotidien de référence » français propose chaque vendredi après-midi un supplément reprenant en anglais des articles du New York Times.

De fait, Le Monde s’est clairement mis dans une position d’infériorité par rapport aux médias anglo-saxons. Hubert Beuve-Méry doit se retourner dans sa tombe. Ses successeurs sont incapables de mettre en avant des éditorialistes et chroniqueurs « maison » pouvant donner un éclairage sur Le Monde. De fait, une vision anglo-saxonne – que paradoxalement Martin Wolf explique très bien dans sa chronique dont la première phrase est « Nous sommes tous américains » – se répand ainsi partout dans le monde (sans jeu de mot). Faut-il s’étonner que le journal Le Monde l’accepte ? Pas vraiment. Depuis quelques années, le quotidien du soir a fait de Bernard-Henri Lévy – autoproclamé philosophe parce qu’il est agrégé de philosophie – sa figure de proue sur les grandes questions internationales. Le Darfour est à feu et à sang ? Le BHV de la pensée y accourt et signe un long article truffé d’approximations. Idem en Algérie, où il oublie de préciser les conditions de son séjour. Et dernièrement en Géorgie, où il a vu des choses que même ses proches n’ont pas vues.

Faut-il s’inquiéter ? Alors là, oui. Car si un grand quotidien français n’est plus capable de produire ses propres analyses et se contente de publier des chroniques de journaux anglo-saxons et un écrivain auto-centré pourquoi devrions-nous continuer à l’acheter ?

À lire ou relire sur Bakchich.info

Le petit Arnaud frétille de joie. La dernière crise du quotidien du soir lui ouvre grand les portes d’une prise de contrôle du journal.
Le grand quotidien vespéral est en grève lundi 14 avril. Pourquoi ? Il fait son ménage de printemps, sous la guillerette forme d’un plan social. Mais pas touche aux placards, postes inopérants et autres dépenses somptuaires de ses dirigeants (…)

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Forum

  • Vassalisation journalistique
    le lundi 15 septembre à 10:34, Serge ULESKI a dit :

    Chers collègues ! Informer, c’est résister et préparer la riposte ! Informer, c’est faire la guerre à tous ceux qui paieraient cher pour ne plus nous voir faire notre travail ! Si, comme c’est le cas, l’info en continu est au journalisme ce que le spot publicitaire est au Septième Art, et la restauration rapide à notre belle et grande tradition culinaire : qu’est-ce qu’une information pour cette information événementielle ? Une part d’audience et une part de marché, et rien d’autre. Le fait divers est au journalisme ce que le bal musette est à la musique : si on ne danse pas, on ne s’amuse pas ! Tout est fait pour divertir et faire diversion. On relativise, on décontextualise, on obscurcit pour empêcher toute analyse courageuse. Et lorsqu’ils s’aventurent à vouloir nous expliquer quoi que ce soit, c’est pour mieux brouiller toutes les pistes et nous amener à penser que l’on n’y peut rien. Alors, sachez qu’avec nous, on peut tout… sur tout et… à toute heure du jour et de la nuit ! Seule une information mise en perspective renforce un regard critique. Ne cherchez donc pas l’émotion car l’émotion est le pire des mensonges quand il s’agit d’éclairer la vérité. Cherchez une prise de conscience, lucide et déterminée. Notre métier ne consiste pas à accompagner les événements pour mieux les tenir en laisse et faire en sorte qu’ils n’échappent pas à la censure. Nous sommes là, pour les prévoir et les dénoncer, tous ces événements et là, bien là, pour apporter la contradiction à tous ceux qui… une nouvelle fois, paieraient très cher pour que tous ces événements demeurent inaccessibles car… incompris. Notre information ne se consomme pas, elle se déguste comme on déguste un vin, un grand millésime, un grand cru, grand et rare. Nous n’avons pas à chercher à rassurer, à inquiéter, à fabriquer du réel qui n’a de réel que la somme de toutes leurs manipulations face auxquelles, noyés dans des ’pourquoi’ et des ’comment’ restés sans réponses, on s’interdit toute question pour ne plus attendre de réponse. Alors, mes soldats ! Posez-leur et posez-vous toutes les questions et tentez d’y répondre avec audace et honnêteté. N’hésitez pas à froisser toutes les susceptibilités et à gêner tous les intérêts ! L’information qui sortira de cette rédaction par la grande porte et la tête haute révélera au monde le réel tel qu’il est. Notre information réveillera les consciences endormies ; et si nos lecteurs en perdent le sommeil : eh bien, tant mieux ! Notre information aura pour vocation première et dernière de mettre en lumière l’arnaque incommensurable qui se cache derrière tous ceux qui ont la prétention de faire de nous des êtres soi-disant libres et responsables dans une vie muselée par une ignorance qui n’a qu’un seul but : faire en sorte que nous soyons dépassés par une réalité volontairement incompréhensible. Notre information ne soumettra personne. Nous ne nous adressons pas à des consommateurs mais à des êtres doués de raison. On ne leur demandera pas d’être solvables ; on leur demandera simplement de raisonner avec nous. Nous ne sommes pas là pour asservir, ni pour servir qui que ce soit et nous servir au passage. Notre information ne sera pas un événement, un spectacle, une vitrine, un tremplin, mais une libération. Pas de mise en scène donc ! Car l’information événementielle est au journalisme ce que la messe est aux enterrements : elle n’explique rien cette messe et cherche à faire de nous des êtres résignés… face à l’inéluctable. Si les voies de Dieu sont impénétrables, sachez que les voies de leur information verrouillée longtemps à l’avance le sont tout autant. Camarades ! Vous l’aurez maintenant compris : notre information doit combattre sans relâche un système barbare, hautement civilisé et sophistiqué ! Une civilisation qui cherche inlassablement à pénétrer le mental de pauvres bougres qui mourront, si rien n’est fait, sidérés. Notre journal fera crever tous ces tartuffes et tous ces petits Machiavel en herbe ! Mes petits soldats ! Faites la guerre à l’information désincarnée et faites la crever une bonne fois pour toutes les fois où cette information a tenté de nous prendre encore et toujours pour des demeurés !"


    Extrait du titre inédit : "Des apôtres, des anges et des démons".

    Copyright : Serge ULESKI

  • Vassalisation journalistique
    le samedi 13 septembre à 17:45, zenobie a dit :
    Moi aussi, je me suis désabonnée en mars dernier. Voilà quelques années, le nombre de correspondants à l’étranger était de près de 150 ; il est passé à moins d’une dizaine. Du coup, Le Monde se rabat sur les dépêches d’agence, anglo-saxonnes de préférence. Bref, plus grand chose à voir avec une vision personnalisée des faits mais, effectivement, une vassalisation sur la presse anglo-saxonne, qui est peut-être une référence, mais qui adopte son point de vue, lequel n’est pas celui de la France ou de l’Europe. Bref, plus rien à voir avec le "quotidien de référence" d’antan et, surtout, rien à voir avec un journal qui réfléchirait et donnerait des clés pour comprendre la complexité du monde actuel… La roue tourne et un autre quotidien peut-être…
  • Vassalisation journalistique
    le jeudi 11 septembre à 16:41, trybuna ludu a dit :

    Je ne voudrais pas être désagréable mais quand Bakchich interroge Rachida Dati pour lui demander si elle est enceinte, ça fait aussi un peu presse anglo-saxonne.

    Mais c’est pas du Financial Times, ça serait plutôt de la classe du Sun.

    Vous êtes, vous aussi, touche par le phénomène.

    Cordialement,

    Trybuna Ludu

  • Fonctionnarisation… "journalistique"…
    le jeudi 11 septembre à 13:44, PauLo a dit :

    Pas le moral… les journalistes « en place » de la presse écrite ou parlée…

    qui voient chaque habitant de la planète connecté à Internet prendre leur place en… vérité et… rapidité.

    Leur monopole confortable issu du pacte gaullo-communiste de la dernière Guerre vole en éclats.

    Dans "Le Monde" notamment

    leurs articles ou bavardages mensongers et flagorneurs au profit du système socialogaulliste et de ses affidés, qu’ils soient des politiques ou des industriels, n’intéressent plus personne sauf à constituer les preuves de leur basse corruption.

    Transformés en fait mais aussi en droit en veules et vils « fonctionnaires du régime », ils seront balayés, en même temps que leurs journaux ou émissions de radio, dès lors que ce régime totalitaire socialogaulliste sera mis à bas, l’indépendance recouvrée et la République rétablie par le peuple français.

    Lueur d’espoir ?

  • Vassalisation journalistique
    le mercredi 10 septembre à 17:24, Maikeulkeul a dit :

    tao, à l’odeur de votre intervention, on perçoit parfaitement ce que vous représentait.

    Le monde, dont j’ai été un fervent lecteur, a été atomisé par colombani et son âne et âme battée minc.

    Il semble évident que ce minc s’est introduit dans le journal pour représenter, notamment, les intérêts néocons us et israéliens, et mettre au pas une rédaction qui représentait "la voix des européens".

    J’ai protesté comme d’autres lecteurs, et finalement mis fin à mon abonnement, comme beaucoup.

    Je ne sais pas, même si je le souhaite vivement, si l’ag des rédacteurs réussira à reprendre la barre.

    SI CELA N’EST PAS LE CAS, LE MONDE DEVIENDRA FRANCE DIMANCHE Quant à la presse us, ne me faites pas rire, rappelez-vous le traitement des MENSONGES sur l’Irak, j’en ai mal au ventre DE RIRE

    • Vassalisation journalistique
      le mercredi 10 septembre à 23:56, tao a dit :

      Je pense que nous nous sommes mal compris. Vous parlez de politique, je parle de pratique journalistique. J’aurais du relire votre intervention.

      Inutile cependant de parler d’odeur, et de représentation supposée. Je ne représente que moi, par ailleurs vous vous méprenez complètement, mais ce n’est pas grave.

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