Pauvre Condoleezza Rice ! Les propos de la Secrétaire d’État américaine, glissés entre deux avions, lors d’une récente visite-éclair au Maghreb, ont été tout bonnement gommés par la presse tunisienne aux ordres. Toujours aussi avenante, la très officielle agence de presse (TAP) a rapporté, le 6 septembre, la bonne parole de Mme Rice qui aurait « indiqué que son entretien avec le président de la République a été riche et excellente (sic), relevant les relations établies de longue date entre la Tunisie et les États-Unis et qu’elle a qualifié de relations profondes fondées sur une large coopération qui touche de nombreux domaines ». Inutile de préciser que la plupart des médias tunisiens s’en sont prudemment tenus à cette version des faits.
Pour savoir ce que Condi (pour les intimes) a réellement dit, les Tunisiens ont dû se rabattre sur les dépêches de l’AFP, l’Agence France Presse. Parlant de réformes politiques, l’ancienne professeure de sciences politiques (ça tombe bien) a affirmé vouloir que « la Tunisie en fasse davantage, notamment pendant les préparatifs des élections de 2009 ». Selon la même source, Rice a signalé avoir eu une « discussion très bonne et intense » avec Ben Ali sur la liberté de la presse, la libéralisation de l’Internet et l’accès de l’opposition à la télévision. Depuis, les mauvaises langues de l’opposition prétendent que Carthage a peu goûté le ton de cet « intense » échange. Pourtant, il n’est que la suite logique de l’accueil glacial que W. Bush avait réservé à Ben Ali lors de la visite de ce dernier à Washington, en 2004. Les images d’un Ben Ali sermonné par le président américain font encore les délices du web tunisien.
Mohamed Ettaieb




