À quelques variations près, l’histoire qui suit peut vous être racontée par bon nombre de Tunisiens. Votre interlocuteur sera tellement convaincu de la véracité de ce qu’il avance que la tâche de démêler le vrai du faux deviendra pratiquement accessoire.
C’est donc l’histoire d’un mec (coucou Coluche) d’origine tunisienne qui fait fortune aux États-Unis. Il rentre au bled pour y lancer une entreprise et reçoit illico la visite intempestive d’un des frères de la Première dame, la redoutable Leïla Trabelsi. Lequel frangin demande à notre homme d’affaires de devenir « partenaire » dans son business. Naïf, le quidam décline poliment l’offre.
Comme par miracle, un redressement fiscal lui est imposé, tout juste 48 heures après ce rendez-vous. Du jour au lendemain, ses fournisseurs ne répondent plus à ses appels et ses clients se donnent le mot pour ne plus payer leurs factures. Comble de malchance, la grosse voiture de l’infortuné se fait vandaliser par des « inconnus » et la police refuse d’enregistrer sa plainte. De guerre lasse, le prospère homme d’affaires quitte le pays précipitamment en y laissant un peu plus que sa veste. Il finit par comprendre – tardivement - qu’il a été fort mal inspiré de refuser l’oukase des Trabelsi. Mais où, diable, les Tunisiens vont-ils chercher tout ça ?
Mohamed Ettaieb





