Le sanglier, terreur du terroir et régal des chasseurs, c’est la nouvelle réalité de nos campagnes. Que ce soit dans le sud ou dans le nord de la France, les populations explosent et difficile de dire quand le phénomène va s’estomper. Bakchich s’est rendu dans les Yvelines où les dégâts mettent quelque peu en rogne les paysans. Surtout que des transports interdits de sangliers garantissent aux chasseurs les plus riches des proies faciles…
Plus de 23 millions d’euros de dégâts provoqué en France par du gros gibier en 2007, c’est le bilan annoncé par la Fédération Nationale de la Chasse (FNC) il y a quinze jours. 87% des dommages sont imputables aux sangliers. De plus en plus nombreux, ils quittent les forêts pour se réfugier dans les champs. Avec leurs groins, leurs pattes, ils dévastent les clôtures et des pans entiers de culture. A la recherche de vers de terre, de chenilles, de maïs ou de tout ce qui traîne, les sangliers ne font pas dans la dentelle et il n’est pas rare d’observer de gros trous, œuvres magistrales de ces nouveaux intrus sur les terres de l’Homme. Reportage en Ile de France, dans le département des Yvelines où les dégâts remboursés sont passés de quelques 300 000 à 650 000 euros en cinq ans. Elle coûte cher la sale bête…
Depuis 2000, ce sont les fédérations départementales de chasse qui sont censées rembourser les dégâts provoqués par les sangliers. Jugés responsables de l’expansion du gros gibier, c’est à elles de régler la note. En contrepartie, elles contrôlent les terres de chasse. Mais selon Benoit Guibert, responsable des dégâts de gibier à la FNC, « 10% du territoire représente 75% des dégâts, ce qui est inacceptable, c’est sûr ». Sauf que la FNC se dit impuissante à résorber certaines inégalités « eut égard aux prises de liberté individuelles au mépris du collectif… ». En clair, la « Fédé » nationale ne se mêle pas de trop près de toutes les affaires locales. Chacun règne en maître sur ses terres, c’est vrai ailleurs, ça l’est encore plus dans la chasse.
Sauf que, la coupe est pleine pour certains agriculteurs. Surtout ceux qui ne sont pas chasseurs. Dans les Cévennes, Roger, qui tient à rester anonyme, accuse les tireurs de gibier d’élever et de préserver un cheptel toujours plus nombreux. Il y aurait même eu des croisements, « on en voit de toutes les couleurs, dit-il, des blancs, des roses, des noirs, des tachés ». Ce serait des « cochongliers », mélange entre cochon et sanglier. Conséquence, les femelles donneraient naissance à trois portées tous les deux ans au lieu d’une par an et à sept ou huit marcassins au lieu de trois par portée. Résultat : Il y en a partout et les sangliers, très sauvages et fuyards d’habitude, n’ont plus peur des hommes. Idéal pour les chasseurs qui bénéficient dans certaines régions d’une liberté de tir totale sur le sanglier sans taxe ni limitation. Les chasseurs conseillent de clôturer les champs mais Roger ne l’entend pas de cette oreille : « Je vais pas me gâcher le paysage à cause de zigotos qui veulent faire joujou avec leurs fusils »… Bref l’animal préféré d’Obélix a semé la zizanie.
Des sangliers sur les routes, c’est aussi une réalité. L’année dernière, neuf personnes sont décédées à cause d’accident sur la route selon la Sécurité Routière et 142 ont été hospitalisés suite à une collision. La plupart du temps avec des sangliers. Si le nombre de morts semblent stagner ces dernières années, les accidents graves se multiplient. Les assurances ne remboursent pas sauf assurance tous risques. Il reste alors le Fonds de Garantie pour espérer des remboursements. Car outre les dangers physiques, la bête vous arrête nette une voiture et peut même reprendre sa route après. C’est du déjà-vu.
Pour la musique, merci à KETO
Pour mémoire, l’illustre parodie des Inconnus








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