Les propos censurés de Condoleezza Rice, dont la Chakchouka tunisienne vous a récemment parlé, continuent de faire des vagues au pays du jasmin.
Al Mawkef, l’hebdomadaire du Parti démocratique progressiste (opposition non représentée au Parlement), en a fait sa Une le 12 septembre (vous pouvez la télécharger à cette adresse : http://pdpinfo.org/PDF/464.pdf). « Les médias officiels ne reprennent pas les propos de Rice », a ainsi titré le journal dans un article signé de son rédacteur en chef, Rachid Khéchana.
Non content de cette publicité, le ministère tunisien des Affaires étrangères a expédié un savoureux fax à la rédaction d’Al Mawkef qui s’est empressée de le publier et de le commenter dans son édition du vendredi 19 septembre (téléchargeable ici : http://pdpinfo.org/PDF/465.pdf). « Si le directeur général du département d’information (du ministère des A.E.) n’avait pas lui même téléphoné à notre rédacteur en chef à trois reprises, nous aurions considéré le tout comme une blague faite par un rigolo », osent les insolents d’Al Mawkef.
Ne portant ni en-tête ni signature, le fax anonyme prétend que l’agence de presse officielle TAP ainsi que les autre médias de la place ont « scrupuleusement » reproduit les déclarations de la Secrétaire d’État américaine. Le hic, c’est que ces dociles médias se sont contentés des proclamations très « politiquement correctes » prononcées par la responsable américaine à la sortie de sa rencontre avec le président Ben Ali. Al Mawkef soutient, de son côté, avoir traduit — à partir du site internet du Département d’État américain — la réponse intégrale accordée aux journalistes accompagnant Condi Rice lors dans sa récente tournée dans le Maghreb.
D’autre part, Al Mawkef ironise sur les conditions dans lesquelles la télévision tunisienne a diffusé la partie gentille des propos de Rice : « C’est passé en anglais sans interprète ni doublage. Cela est d’ailleurs tout à fait normal, puisque l’anglais est devenu notre langue officielle sans qu’on ne nous informe ». Aux dernières nouvelles, ces impolis sont encore réunis autour du fax de la rédaction dans l’attente d’une nouvelle correspondance ministérielle…
Mohamed Ettaieb





