La quille approche ! Le mois de Ramadan prendra fin en France mercredi 1er octobre avec la fête de l’Aïd El Fitr, a annoncé le conseil français du culte musulman. Fini le jeûne gastronomique, liquide et sexuel diurne. Un mois d’ascétisme que les services de l’ambassade des Etats-Unis à Paris ont agrémenté d’une petite sauterie très bien orchestrée le 15 septembre dernier. Histoire peut-être de lisser une image un peu écornée, dans la Oumma en général et chez les musulmans français en l’espèce par la politique étrangère de l’Oncle Sam depuis bientôt dix ans.
Menu diplomatique
Pas bégueule le représentant Yankee à Paris, Craig Stapleton, a bien fait les choses. D’abord, un joli carton d’invitation à un repas « d’Iftar » en la nuit du 15 septembre de l’an 1429 de l’Hégire (exile du prophète Mohammed de La Mecque), en sa résidence de l’Hôtel de Pontalba. Charmante bicoque à deux pas de l’Elysée qui a accueilli « 300 personnes au bas mot » croit avoir compté un chanceux. « Non pas plus de 120 », assure, humblement les services de l’ambassade. Qu’importe les chiffres après tout. La rupture s’est fait dans les règles, ouverte par la dégustation d’un verre de lait et la prière de l’imam. « Normalement c’est du lait de chamelle mais on en trouve peu sur la Concorde », s’amuse un participant.
Puis, déroulé autour de 20 tables, un menu affriolant et diplomatiquement correct. Une soupe harira marocaine pour commencer, un tajine de kefta et de poulet aux abricots secs pour détendre la pense en rêvant des Riads du Royaume. Puis un couscous raisin, des carottes au cumin et un ragoût de fèves pour se lester le bide en songeant à Alger la belle.
Petite gâterie commune aux deux géants du Maghreb, une salade de fruit à l’eau de fleur d’oranger en dessert. Un repas d’équilibriste à défaut d’équilibré, une œuvre de diplomate avisé…
Trêve des confiseurs au CFCM
Les tensions étaient en effet palpables entre certains convives. Ni côté politique où les deux sénatrices de Gauche, Halima Boumediene et Bariza Khiari ont aimablement profité de la soirée. Pas même un pou à chercher sur la tête du fort en gueule Abderhamane Dahmane, « conseiller technique chargé des associations » du président Sarko ou d’Hamou Bouakkaz, conseiller de Delanoë.
En revanche, les éminences de « la société civile », étaient attendues au tournant. Comme l’a déjà narré Bakchich, les dernières élections au Conseil Français du Culte Musulman n’ont pas été digérées. Évincé de la Présidence par Mohammed Moussaoui (soutenu par le Maroc), le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur (salarié de l’Algérie) a tout fait pour que l’ambassade américaine ne l’invite pas au gueuleton. Raté. Pire son éternel rival de l’UOIF, Fouad Alaoui, a également été convié.
Mais rassasiés, les pontes de « l’Islam à la Française » n’ont pas moufté. Sans doute satisfait de la diplomatie du ventre américaine.
Sans doute moins doué pour la haute cuisine diplomatique, Bernard Kouchner, ministre des Affaires Etrangères (si, si) n’a lui pas brillé par sa convivialité durant le mois de ramadan. Selon nos informations, Nanard n’a fait qu’une courte apparition lors d’un Iftar en ville. Un passage éclair, dix minutes douche comprise. La politique française dans le monde musulman est, il est vrai, d’un tout autre acabit que celle des Etats-Unis…
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