Le braquage du siècle est en train d’être réalisé sous les yeux ébahis des contribuables des « grandes démocraties » ! Matt Damon, George Clooney et Brad Pitt peuvent aller se recoucher, la série Ocean (11, 12, 13) est surclassée ! Au bas mot, le butin va s’élever à 1000 milliards de dollars. Tous les gouvernements contributeurs ont un flingue sur la tempe : « Vous casquez ou on s’arrange pour que tout s’écroule, avec les dizaines de millions de chômeurs, les suicides en masse et l’extension radicale de la misère que ça va entraîner ! » La bourse ou la guerre mondiale ?
La guerre mondiale, elle est déjà là, larvée, taquine, qui s’étend, qui sait tant, qui s’étang. Elle est accrochée comme un boulet aux pieds du monde qui s’enfonce dans les eaux troubles de la guerre. La Géorgie était un petit apéritif, simple échauffement entre deux boxeurs pour tester mutuellement leur état d’esprit. Israël-Hezbollah en 2006, une surchauffe périphérique. L’Irak et L’Afghanistan, un terrain d’entraînement géant et permanent pour une armée qui tient à rester en forme et à montrer ses muscles. La Chine et ses envolées patriotiques géostationnaires et or olympique, dominant l’Asie et bientôt l’Afrique, incarne cet Orient lointain et compliqué qui n’a pas fini de s’éveiller…
Nous entrons dans une nouvelle ère, ça va nous changer d’air ! Vous vous souvenez de l’éternel conflit franco-anglais, les gentlemen de la Reine se tirant la bourre avec les promoteurs des valeurs républicaines… se faisant la guerre à l’autre bout du monde dès que l’occasion faisait le larron ? Ce siècle sera calqué sur cette saine concurrence entre deux empires, à une ou deux exceptions près : nous n’aurons pas deux empires, mais trois, quatre, cinq, se chamaillant sur leurs marges pour le pétrole, la flotte, les terres cultivables… La dégradation écologique couplée à la raréfaction des ressources et à la croissance démographique, dans un monde concurrentiel, c’est un cocktail explosif ! Fukuyama nous promettait un siècle chiant à mourir avec l’extension ad vitam aeternam de la démocratie libérale dans un village global… heureusement cet illuminé s’est planté et nous aurons la faim de l’Histoire en lieu et place de la fin…
Car l’histoire a la dalle, et c’est tant mieux ! L’Histoire, c’est chouette quand y’a de la passion, de la baston, du sang, du drame à grande échelle. Pourquoi les Européens sont-ils moyennement européistes ? Parce qu’on s’emmerde en Europe ! Les seuls frissons qu’on s’y octroie sont produits par les acceptations et refus de traités bidons… Un roman qui a comme toile de fond la seconde guerre mondiale avec une histoire d’amour entre un nazi déserteur et une jeune juive planquée dans une grange a mille fois plus de chance d’être passionnant que celui qui nous raconterait le tribulations d’un héros démocrate-chrétien vivant une histoire d’amour social-démocrate sur fond d’unification du marché continental, non ? La lutte des classes reprend ses droits en Amérique latine, où l’Oncle Sam a de plus en plus de mal à tenir ces peuples bouillonnants, elle s’invite à Wall Street avec le refus du plan Paulson par tous les syndicats américains qui font pression sur le Congrès, elle couve dans cette Europe qui voit son industrie partir en vrille et son porte-monnaie en déliquescence, en Inde et en Chine qui connaissent chaque jour des émeutes ouvrières et paysannes d’une violence à faire passer la CGT pour le pire des syndicats jaunes…
Pendant ce temps-là, la lutte des derniers de la classe fait rage près du radiateur socialiste en surchauffe. A qui la timbale au congrès ? Que c’est obsédant… Sachant par avance qu’ils risquent de ne pas enivrer les foules, ils ont anticipé leur gueule de bois post congrès en s’assurant le Champagne à Reims. Le tsunami financier n’effleure guère ces grands bretteurs à fleurets mouchetés, qui considèrent toujours le capitalisme comme horizon indépassable de l’humanité… Sauf que l’horizon est en flamme. Quand la finance braque les nations, la social-démocratie se propose de rembourser autrement en faisant entendre cette voix révolutionnaire « oui, mais maintenant on régule, parce que zut alors, la transparence c’est nécessaire ! ». Les socialistes sont transparents, c’est bien ça le problème… Bon, on va pas chipoter, pour sauver la civilisation , on n’est pas à mille milliards près.










