« Brice Hortefeux a déminé les sujets qui touchent l’immigration ». Voici ce que disent les conseillers de Matignon et de l’Elysée du bilan du ministre de l’immigration, Brice Hortefeux. Ce dernier a été reçu récemment par François Fillon, qui l’a félicité personnellement. L’ami Brice est en effet particulièrement bien noté par la discrète société privée qui aide Matignon à évaluer le travail des ministres. Et oui, c’est ainsi que travaille désormais notre premier ministre !
Là où l’élève dépasse le maître
Plus sérieusement, deux dossiers sont mis au crédit de Brice Hortefeux : les reconduites à la frontière et le pacte européen, qui est adopté, aujourd’hui mercredi 15 octobre, par le conseil européen de Bruxelles. L’ex ministre de l’Intérieur et mentor d’Hortefeux, Nicolas Sarkozy, avait fait du nombre de reconduites un des objectifs de sa politique. mais il n’avait jamais dépassé le chiffre de 25 000 expulsions par an, un seuil qui n’était toujours pas atteint l’année dernière. Et bien, ce que Sarko n’a pas fait, Brice l’a accompli : cette année, on devrait atteindre 26 000 ou 27 000 reconduites.
Et cette palme d’or de l’expulsion, le minsitre l’a obtenue avec des médecines douces. Un tiers de ces reconduites est dû, en effet, aux retours volontaires. Le coup de pouce de quelques milliers d’euros donné aux étrangers qui regagnent leur pays, a convaincu un bon nombre d’entre eux de quitter la France, notamment parmi les Roms venus de Roumanie. Si ceux-ci, soulignent les adversaires d’Hortefeux, repartent chez eux, c’est pour prendre l’oseille et mieux revenir ensuite. Possible, sauf que « toute politique de l’immigration dans le monde d’aujourd’hui, souligne un conseiller du ministre, consiste à écoper dans une chaloupe qui prend l’eau ». Et dieu sait s’il a écopé, le ministre ! Autre innovation qui a permis d’inciter certains au retour, des conventions ont été adoptées avec certains pays, comme le Gabon, pour attribuer des permis multi entrées qui permettent des allers-retours entre les pays d’origine et la France. Disons que ce système profite plus aux amis de Bongo et autres roitelets africains qu’aux plus défavorisés des migrants.
Un goût prononcé pour les voyages
Le principal dossier d’Hortefeux, ces derniers mois, reste le dossier européen. On a vu le ministre, accompagné du secrétaire général du ministère, Patrick Stefanini, un ancien collaborateur de Juppé, parcourir l’Europe de long en large. Et le résultat est là : les vingt sept pays de l’Union ont approuvé le pacte concocté par Hortefeux. Un « bureau d’appui commun » a été ouvert. Bruxelles afin, explique un eurocrate, « de donner des billes à chaque Etat pour rester dans les clous de ce que pourrait être une politique européenne ». Et le patron de Forum réfugiés, Olivier Brachet, consulté depuis un quart de siècle par les ministres successifs, explique : « Hortefeux a mis le dossier européen en haut de la pile, il est resté dans une logique répressive mais il s’est montré particulièrement actif pour faire avancer les convergences possibles ».
Et actif aussi, pour décrocher son téléphone et appeler le patron de l’AFP, Pierre Louette – un ancien du cabinet Balladur de 1993 à 1995 – pour lui passer un savon quand un journaliste de l’Agence s’est permis, dans une dépêche, d’égratigner la politique française, en soulignant les difficultés temporaires qu’Hortefeux a connues avec le gouvernement espagnol, plus souple en matière de régularisation. C’est cela la méthode Hortefeux, de l’énergie, une solide connaissance des dossiers, la main tendue aux opposants d’hier quand il appelle cet été à ses côtés un ancien collaborateur de Chevènement, Michel Bart, et une bonne dose d’agressivité. Cela vous rappelle quelqu’un ?
Pour lire l’intégralité du Pacte européen présenté ce mercredi 15 octobre à Bruxelles, cliquez sur l’image ci-dessous :














