Dans son livre paru ce mardi 28 octobre aux éditions Grasset, Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous, Philippe Val compare Bakchich à Je suis partout, un journal des années 1930 et 1940, fasciste, raciste, antisémite, et organe de propagande, en France, de l’idéologie nazie dont voici une couverture piquée ici.
Après un paragraphe où Val revient sur les affaires des caricatures de Mahomet et celle de Siné, il s’en prend aux sites internet d’information :
« Mais au fond, tout cela est anecdotique, l’affaire Siné révèle quelque chose d’autrement plus grave et plus profond.
D’abord, la question des sites d’information sur Internet, qu’ils soient autonomes comme, par exemple, Médiapart, Rue 89 ou Bakchich, ou qu’ils soient les appendices des grands titres comme Le Monde, Marianne ou Le Nouvel Observateur.
Ne parlons même pas de Bakchich, qui actualise et adapte sur Internet les méthodes glorieuses de Je suis partout. Malheureusement, ce genre de site d’informations n’est pas l’exception, c’est la règle. » Et Philippe Val, dans son livre, de s’en prendre à nos confrères de Médiapart et de Rue 89.
Après ces déclarations, où Bakchich est comparé à ce journal symbole de la collaboration avec l’occupant nazi, Je suis partout, Philippe Val persiste et signe lors d’une émission, « Les grandes gueules », sur RMC, mardi 28 octobre.
« – Les Grandes Gueules, à Philippe Val : Vous avez des mots très durs envers les sites internet d’information, notamment Bakchich.info. Vous faites une comparaison entre Bakchich et Je suis partout, qui rappelons-le pour les plus jeunes était un journal collabo et antisémite, c’est fort ça ?
– Philippe Val : Bakchich, oui, c’est un site extrêmement médiocre, qui se permet d’écrire des choses sur les gens, encore une fois sans preuves, de répercuter des rumeurs. »
Cette comparaison est insultante et inadmissibe. Elle n’entre pas dans le cadre normal du débat public. Bakchich a décidé de porter plainte, dès demain mercredi.
Pour écouter l’émission des « Grandes gueules » en entier : rmc.fr
Coupe de boule de Jacques-Marie Bourget : Val-taire, reviens, il est devenu fou !
Si Philippe Val, le célèbre chansonnier des MJC, compare Bakchich à Je suis partout, c’est qu’il est nulle part. Comme le nénuphar à la platitude de l’eau, Val ne pousse que sur une seule racine. Et c’est l’âme en deuil que nous assistons à cette errance d’un Val refusant d’adhérer à l’Ump (tendance Glucksmann) alors que toute sa musique l’accepte. C’est dire si le malheur habite cet homme. Ce Spinoza !
Ce que Val les mots. En ce qui me concerne, journaliste à Bakchich, sa comparaison avec Je suis partout me va droit au cœur. Val et moi avons naguère témoignés devant un tribunal pour défendre l’honneur du magistrat Albert Lévy injustement accusé de turpitude. Philippe, trop pressé de rechausser ce casque de moto qui préserve son cerveau absolu, n’a sans doute pas entendu mes paroles à la barre. Celles d’un nazi déclaré, ayant allègrement dépassé l’amour de la Francisque pour ne plus rêver que de l’unique récompense : une Croix de fer.
Plus intéressant que ce que Val les mots, il faut voir où ils veulent en venir. Chez les artilleurs de l’anti Internet, c’est la débandade. Tous les titulaires des chaires de biendisance tremblent, de conserve avec le doux pouvoir qui gouverne la France. Internet est une machine qu’ils ne peuvent contrôler, bien capable de dire pas mal de conneries, mais aussi de dénoncer les mensonges de nos appointés maîtres penseurs.
Chiens de garde. Prenez l’histoire récente. C’est le libertaire Elkabbach qui, dans un entretien à La Croix cogne sur Internet et Bakchich. C’est Bouguerau, le ravi de la crèche du Nouvel Obs, qui sort son couteau de berger contre nous. Ce sont les Georges et Rosie du papier imprimé, je veux dire BHL et Houellebecq, qui se collent à ce travail de balance, en désignant Bakchich comme le site de toutes les rumeurs, en espérant le gros tirage d’un livre écrit à quatre pieds. C’est Alexandre Adler enfin, ce hardi sans melon, qui est bien certain, parole d’expert, que cet Internet est une femme de ménage qui s’ignore, elle fait le lit du fascisme.
En fait, de quoi s’agit-il ? De l’histoire d’une perte de pouvoir. Imaginez la déception du pharaon quand il a découvert qu’écrire sur un obélisque c’était bien, mais qu’on pouvait aussi le faire sur du papyrus ? Vous avez dit papyrus ? Alors c’est le souk, il n’y a plus d’écrivains, tout le monde boulange.
Bientôt vous allez me dire que tout un chacun, dans le secret de sa caverne, aura le droit d’écrire ce qu’il veut ! Peut-être même de montrer ses grimoires à quelqu’un d’autre. Et pourquoi pas inventer l’imprimerie ? Ou publier un journal, tant que vous y êtes ?
Du « contre pouvoir », Internet risque de passer au « pouvoir », tout au moins d’en posséder un, absolu, celui de la « liberté grande » comme l’aurait dit Vladimir Oulianov Julien Gracq. Si vous aimez mieux Eugène Pottier, je vous dirai que « ça branle dans le manche… » . Et ça, la libre parole, la libre pensée, la gauche, celle qui a fait la guerre en Algérie avant celle d’Irak et la droite, celle qui a conduit la campagne d’Indo avant celle d’Afghanistan, ne sont pas prêtes à l’accepter. On trouvera donc, faute d’arguments, toujours un vil Val pour qualifier l’autre de « rouge-brun », de « fasciste » ou de « nazi » puisque les mots n’ont plus de sens.
Et que les mots sont devenus des arguments publicitaires.













