Le conseil des ministres a ses habitués et, bien entendu ses habitudes. Brice Hortefeux a une petite tradition, chaque mercredi. Le ministre des Collectivités territoriales a la politesse de toujours salué Azouz Begag, le ministre délégué à l’Egalité des chances par un « tiens t’es encore là toi ». Quand on vous dit que le gouvernement est une équipe.
Petite entorse à cette règle non écrite lors du conseil du 29 novembre. En réaction à l’assassinat du ministre de l’Industrie libanais Pierre Gemayel, Begag s’étonne faussement ingénue : « tiens ça existe encore les assassinats politiques ». Réponse tout en douceur d’Hortefeux : « oui on va les réinventer pour toi ».
Les assauts d’amabilité entre les deux ministres ne s’arrêtent pas toujours aux portes du salon Murat du palais de l’Elysée. Lors d’une séance de questions au gouvernement, traditionnel cérémonial hebdomadaire de l’Assemblée nationale, le petit Brice a gentiment inviter son collègue à quitter les lieux. « Toi maintenant, tu dégages ». Pris d’un accès de surdité sans doute, Begag ne bouge guère et ignore royalement son interlocuteur. Dépité, Hortefeux se répéte : « dégage et fissa ! »
Plein de compassion et conscient du quiproquo, le sieur Azouz argue « qu’en tant que Bourguignon, [il] ne comprend pas le Breton ».
Le refuge littéraire…
Tant d’amitié peut surprendre. Mais depuis les saillies de Nicolas Sarkozy sur la « racaille » et le « kärcher », qualifiées de « sémantiques guerrières » par le ministre à l’Egalité des chances, le feu couve entre les deux camps. Un temps, comme l’avait rapporté Bakchich, le petit Nicolas a tenté un rabibochage. Et fait chou blanc. Depuis, Sarko a chargé son meilleur porte-flingue, Hortefeux de régler le cas Begag.
Le bon Azouz lui, a commencé l’écriture d’un livre. 400 000 signes sont déjà couchés sur le papier et une foule de maisons d’éditions frappent à sa porte. Sortie prévue en avril, où aucun évènement majeur n’est annoncé. La date idéale pour présenter ses vœux aux Sarkoboys.










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