Chose promise, chose due. Nicolas Sarkozy rencontre ce samedi à Gdansk, en Pologne, le Dalaï Lama en marge des célébrations du 25è anniversaire de l’attribution du Prix Nobel de la Paix à Lech Walesa. Comme d’habitude les Chinois sont entrés en transe dès lors que l’ « agité des sommets enneigés », comme ils appellent le leader des Tibétains, marque des points. Se faire voler la vedette par le « rebelle » en robe couleur lie de vin, Pékin ne peut le souffrir.
Au point d’annuler le sommet Chine-Europe qui devait se tenir à Lyon le 1er décembre. Les Chinois considèrent en effet que si la France préside l’Union européenne, Nicolas Sarkozy est alors le responsable du succès de la tournée en cours du Dalaï Lama en Europe. Le saint homme a, entre autres, été triomphalement accueilli au Parlement européen le 4 décembre.
Le Quotidien du Peuple donne une leçon européenne à la France !
Alors que fleurissent gentiment quelques appels au « boycott des produits français » sur le Net chinois (une habitude après les péripéties de la flamme olympique à Paris), l’agence de presse officielle Xinhua en a profité pour décréter le 5 décembre que « l’insistance du président français à rencontrer le dalaï lama a provoqué un fort mécontentement chez le peuple chinois ». Un argument à usage politique sino-chinois dans un vaste pays où les jacqueries et rébellions en tous genres se multiplient en ville comme dans les campagnes.
De son côté, l’édition française du Quotidien du Peuple (l’organe de communication du Parti communiste chinois), s’essaie, lui, à faire « perdre la face » à la France… devant la République Tchèque qui hérite de la présidence de l’Europe à compter du 1er janvier. Dans son édition en ligne du 3 décembre on pouvait ainsi lire tout ébaudi : « Le 11ème sommet Chine/UE, une réunion annuelle, pourrait être annulé, parce que nous avons seulement quatre semaines cette année (veuillez comprendre avant la fin de l’année), pendant lesquelles il sera difficile de trouver une date pour la réunion. Le 12ème Sommet Chine/UE déjà décidé, aura lieu en République Tchèque, qui assurera en rotation la Présidence de l’UE à partir du 1er janvier de l’année prochaine ».
Business as usual…
Dans le fond, la Chine conserve exactement la même position à l’égard de la France. Une position réitérée le 5 décembre par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Liu Jianchao : « La Chine accorde toujours de l’importance aux relations sino-françaises et les traite toujours d’un point de vue stratégique et à long terme ».
Ce n’est pas l’agenda de l’ambassadeur de Chine en France, Kong Quan, qui dira le contraire. Sur le site web de sa vénérable mission diplomatique à Paris, on apprend que le 18 novembre, il s’est rendu au séminaire annuel du Groupe Safran. Et, que le lendemain, il était à Marseille pour visiter le groupe Eurocopter, « premier fabricant d’hélicoptères mondial » ainsi que la compagnie maritime CMA CGM, « troisième armateur mondial ».
Dalaï Lama ou pas, rien de nouveau entre une France qui cherche à vendre son savoir-faire et une Chine avide de transferts de technologies…
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