« Mais ils sont où les mecs du PS ? », avait lancé, amère, la comédienne Josiane Balasko, à l’automne 2007, sur le dossier du logement. La question pourrait également se poser à propos des récents bombardements de l’armée israélienne sur la bande de Gaza, tant le Parti socialiste s’est fait timide dans ses prises de position. Les socialistes ont, à l’unisson, exigé « la création d’un État palestinien respecté dans ses frontières, comme d’un État israélien vivant dans la sécurité », selon les termes employés par Martine Aubry, le 19 janvier. Louables intentions. Et belles déclarations…
« Cette escalade de violence peut avoir des répercussions dans notre pays »
Pourtant, il aura fallu attendre la mi-janvier pour qu’elles soient rendues publiques. Soit deux semaines après le début de l’offensive. Lors du bureau national du PS du 6 janvier, les socialistes font un premier pas et adoptent à l’unanimité – moins une abstention – une position commune pour sortir du conflit à Gaza. Ce jour-là, Solferino « condamne fermement l’intervention terrestre israélienne en réponse aux tirs de roquettes du Hamas sur le Sud d’Israël qu’il a toujours condamnés ». Et « exige un cessez-le-feu immédiat, un couloir humanitaire, le retrait des troupes israéliennes hors de Gaza, l’arrêt des tirs de roquettes sur Israël et l’installation d’une force internationale de protection ».
Le PS demande en outre que la France favorise l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies, d’une « résolution contraignante qui permette d’arrêter le conflit ». En gros, rien de nouveau sous le soleil. Et aucune action concrète en France alors que les socialistes reconnaissent au cours du bureau national, que « cette escalade de la violence met en danger toute la région, et, au-delà, peut avoir des répercussions jusque dans notre pays ».
Pour Lang, Sarko est un « messager de la paix »
La démarche pour obtenir la paix doit donc être collective, a simplement souligné, le 7 janvier, Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS aux relations internationales. « Nous croyons qu’il est plus juste et plus efficace d’intervenir à partir d’une position commune d’un certain nombre de pays plutôt que de jouer cavalier seul », a-t-il poursuivi en taclant le voyage sur place de Nicolas Sarkozy, début janvier. Au passage, Jack Lang a tenu, lui, à saluer le déplacement présidentiel et qualifié super Sarko de « messager de la paix ». Si c’est pas de l’amour, ça ! Sauf qu’au-delà de ces déclarations de principe, les socialistes ont été très timorés dans leurs prises de positions.
Et si Ségolène Royal a tenu absolument à se rendre à Washington pour essayer d’apercevoir l’investiture de Barack Obama, elle s’est contentée d’une tribune sur le conflit du Proche-Orient. Même si pour le coup, c’est l’ex-candidate à la présidentielle qui va le plus loin, en s’interrogeant sur l’éventualité d’un dialogue avec le Hamas : « Cette reconnaissance nécessaire, n’est-il pas vain d’en faire un préalable absolu à toute discussion alors qu’elle devra faire partie du package si l’on en vient enfin à des négociations sérieuses, équitables parce que respectueuses des droits des deux peuples et impliquant leurs représentants tels qu’ils sont et non tels que les uns ou les autres les voudraient a priori ? »
Aucun socialiste sur le terrain
Sur le terrain, le parti socialiste reste absent, contrairement aux autres partis de gauche qui n’ont pas hésité à descendre dans la rue. « Le PS n’a pas souhaité être présent dans les manifestations où ceux qui devaient porter des messages de paix portaient des messages de haine et de racisme », a répliqué Martine Aubry au cours de ses vœux à la presse, le 19 janvier. Une déclaration qui traduit le malaise des socialistes face à un conflit qui a plutôt tendance à exacerber les passions en France.
Les mots employés par le nouveau secrétaire à la rénovation, Arnaud Montebourg, le 11 janvier, ne disent pas autre chose : « Nous ne voulons pas que la France se mette à se déchirer… Nous ne pensons pas que aujourd’hui aller manifester et risquer des débordements soit la meilleure méthode ». En clair, si les socialistes ne sont pas descendus en masse dans la rue, c’est pour « ne pas risquer de cautionner des mots d’ordre communautaristes ». Soit. Mais pour certains socialistes, la pilule a du mal à passer.
Une dizaine d’élus locaux du PS a donc décidé d’aller plus loin en soutenant l’appel lancé par Sabri Haddad, conseiller de la Fédération socialiste de Seine-Saint-Denis. Un mouvement pour « participer avec l’ensemble de la gauche française à l’expression de leur solidarité au peuple palestinien et pour dénoncer les attaques israéliennes dans la bande de Gaza ». L’appel reste à ce jour minoritaire au sein du PS. Signe que le parti reste divisé, voire mal à l’aise, sur cette question.
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