Ordre du jour ouvert, devises autour des « questions africaines et arabes », le sommet de Syrte en Libye avait un programme alléchant. Cinq grands visionnaires y étaient annoncés, l’hôte libyen Muhammar Kadhafi, le démocrate algérien Abdelaziz Bouteflika, l’Égyptien Moubarak, le Soudanais Omar Béchir et le Tunisien Zine Ben Ali. Seul les trois premiers se sont finalement penchés sur l’avenir du contient le 24 janvier dernier. Empêtré dans ses lubbies darfouriennes, Béchir a préféré surseoir à la petite sauterie. Quant au petit Zine, il a fait valoir un mot de son médecin.
« Le président Zine El Abidine Ben Ali, suivant les conseils de son médecin particulier, observe une période de repos de trois jours du lundi 22 janvier au mercredi 24 janvier », a annoncé le porte-parole de la présidence, le mardi 23 janvier.
Et pour couper court aux mauvaises langues, qui auraient tôt fait de gloser sur la prostate présidentielle, la voix du palais a précisé la nature du mal, « une inflammation aiguë du larynx ».
À croire que l’air devient malsain à Tunis, au sens propre. Une véritable épidémie touche également les conseillers du sauveur de la nation tunisienne. Le servile Abdelaziz Ben Dhia a été instamment prié de garder le lit. L’homme par qui Leila Trabelsi, la première dame, obtint des diplômes à l’université de Toulouse a été placé en quarantaine, tant son état inquiète.
Vieil animateur des coulisses politique de Carthage depuis l’époque bourguibienne, le conseiller à la présidence et n°3 du régime aurait planché sur l’après Ben Ali et commencé à placer quelques pions. Les prémices d’un complot qui ne peut qu’être dû à un délire fiévreux… En préparation du congrès de l’UGTT, la centrale syndicale du régime, des malandrins qui se disaient mandatés par Bendhia sont allés jusqu’à prévenir : « nous connaissons l’état de santé de Ben Ali et nous préparons déjà sa succession ».
Et le virus s’avère fort contagieux. L’ancien gouverneur de la région du grand Tunis, Mahmoud Mhiri, a, lui aussi, été prié de se faire porter pâle et de garder, à défaut du lit, sa résidence.
Tant de prévenance envers ses affidés souffrants honore le président « Zinochet ». Mais il se trouve toujours des persifleurs prompts railler ces « malades imaginaires ». Et d’oser affirmer que « si Ben Ali ne s’est pas rendu en Libye, c’est pour nettoyer les couloirs du palais des ambitieux qui lorgnent d’un peu trop près sur son trône ». Certains voient le mal partout.








Version imprimable
Recommander à un ennemi