Il y a de bonnes paires de claques qui se perdent. Mardi, le quotidien arabophone Assahifa publie un dossier sur l’affaire du pétrole de Talsint. Une histoire abracadabrante où, en 2000, Mohammed VI annonce la découverte de pétrole et de gaz « de bonne qualité et en quantités abondantes, dans la région de Talsint, dans les provinces de l’Oriental qui nous sont chères ». Hélas, l’affaire retombe comme un soufflet et l’on ne saura jamais ce que qu’il y avait dans le sous-sol de Talsint.
Aveuglés par la course au scoop, les journaleux d’Assahifa exploitent une vieille lettre de dénonciation contre le jeune roi qui circule dans le milieu journalistique depuis des lustres. Et en déduisent hâtivement qu’il a perçu une juteuse commission dans cette affaire. Sans vérifications et sans la moindre enquête journalistique.
Excuses publiques et auto-sanction
Horrifiés par ce qui a été écrit, les responsables de la publication préfèrent prendre les devants. Contact est pris avec un conseiller de Mohammed VI pour désamorcer la bombe. Dès le lendemain, Assahifa présente des excuses publiques. Et, c’est une première dans les annales de la presse marocaine, s’auto-suspend jusqu’à nouvel ordre. Reste l’épineux problème de la diffamation envers Mohammed VI…
Et c’est là que le Palais sort son coup de maître : il annonce par lettre officielle que le roi n’engagera pas de poursuites judiciaires contre Assahifa ! Du jamais vu au royaume enchanté du Maroc ! Un pardon royal de contes de fées mais surtout un excellent calcul politique. En effet, l’image de la liberté de la presse au Maroc ayant sérieusement été écornée avec l’affaire Nichâne et le départ d’Aboubakr Jamaï du Journal Hebdomadaire, inutile d’en rajouter…
Les lèches-babouches en action
Bien sûr, aussitôt l’annonce du pardon royal connue, tous les lécheurs de babouches royales s’empressent de sortir du bois pour chanter les louanges de sa majesté et jouer les vierges effarouchées : les syndicats de la presse bien sûr, la presse proche du pouvoir…
La palme d’or revient toutefois au Matin du Sahara dont voici un extrait lyrique : « Car l’erreur, même humaine, ne frappe pas d’effroi seulement le Souverain mais le peuple, elle le glace et le vise dans ses valeurs sacrées et ses croyances. Autant dire que la responsabilité — des auteurs de l’article s’entend — reste plus lourde qu’une dérisoire et aveugle exaltation de la liberté ». Faudrait peut-être pas trop en rajouter non plus…








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