Pour lire les communiqués de presse de Nicolas Sarkozy, nul besoin se connecter sur le site de l’UMP. Il suffit d’acheter le Parisien ! Afin que la lecture soit particulièrement douce à un prétendant à l’Élysée qui n’en manque pourtant pas, le quotidien lui a collé aux basques un jeune trentenaire branché, débordant d’amour. Ludovic Vigogne (c’est le nom de la brosse à reluire), ferait presque passer son homologue du Monde pour un anti-sarkozyste primaire, voire un dangereux gauchiste.
Un souci avec une sombre histoire d’appartement acquis dans des conditions particulièrement avantageuses [1] ? Pas de problème. Ludovic veille au grain. Et relaye sans tarder les justifications forcément bienveillantes du promoteur immobilier, qui réprouve « le comportement des journalistes du Canard enchaîné qui par trois fois, ont forcé (sa) porte et (l’)ont importuné une quatrième fois ». Face aux calomnies, assure sans ciller le quotidien, Sarkozy « sort ses factures » (01/03/07). Une seule en fait, celle d’un escalier en chêne. Les autres, c’est juré, seront prêtes « pour les jours à venir ». Les lecteurs du Parisien attendent toujours…
« Le patrimoine de Nicolas Sarkozy peut-il devenir une (…) épine ? Il faudra surveiller la réponse (du Canard enchaîné) à la contre-attaque du ministre de l’Intérieur » avertit le petit Ludovic quelques jours plus tard (05/03/07). La deuxième salve de l’hebdomadaire satirique (07/03/07), qui démolit cruellement la défense de son champion, lui a malheureusement échappé. Le même jour, notre communicant promis à un avenir brillant salue le courage d’un « Sarkozy en banlieue »… pavillonnaire, à Cormeilles-en-Parisis, « située à une poignée de kilomètres de la Dalle d’Argenteuil ». En même temps on ne sait jamais, il aurait suffi d’un sniper embusqué…
Pour parer aux coups durs d’une campagne pourtant bien molle, notre ami sait décidément faire passer les messages opportuns aux bons moments. Sarko multiplie les « pétages de plomb » et savonne son équipe de campagne, tandis qu’un sondage CSA redonne « Sarko et Ségo au coude à coude » ? Pas de panique : « L’UMP reste zen » assure l’ami Ludo, qui préfère expliquer à ses lecteurs que son idole « travaille beaucoup sur la nouvelle phase de sa campagne » (15/02/07).
Le satrape de Neuilly prononce un discours mièvre devant la jeunesse (de droite) réunie au Zénith, dans la foulée de son « ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale » ? Mais non ! Il est venu défendre sa « société de l’amour », et il « aime cette France de toutes les couleurs et de toutes les religions » (19/03/07). C’est beau comme du Sarko…
L’année dernière, sur les traces de son copain Nicolas aux Antilles, on pouvait assister à ce spectacle surprenant : un jeune plumitif court après un homme politique briguant la magistrature suprême et s’écrie : « Ah zut, j’ai oublié de lui faire relire mon papier ! » Est-ce bien nécessaire ?











