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Un bateau français pour Gaza à Athènes
Ils l’ont fait ! Force est d’avouer que, personnellement, je me demandais comment cela serait possible lorsqu’en janvier de cette année j’ai assisté au lancement de la campagne "Un bateau français pour Gaza", et que j’ai entendu Julien Rivoire, un responsable de Génération Palestine, annoncer qu’il faudrait acheter un bateau et qu’il coûterait 200 000 euros. Ce sont 600 000 euros qui ont été récoltés depuis, avec en majorité des dons de moins de 30 euros.
Aujourd’hui, malgré les pressions, les incertitudes et les informations contradictoires, les "bateaux français pour Gaza" existent bel et bien. Il est à peu près certain qu’ils ne partiront pas mardi d’Athènes pour les eaux internationales avec le reste de la flottille. Depuis quelques semaines, le côté médiatique de la force semble s’être emballé en Israël. Une campagne de dénigrement sur Facebook notamment affirmait par exemple que la flottille était manipulée par des islamistes. Aujourd’hui, ce sont les journalistes qui affirment vouloir embarquer qui sont menacés d’interdiction de territoire en Israël pendant dix ans, remettant ainsi sérieusement en doute le principe de liberté de la presse dans ce pays. Le gouvernement grec n’a certainement pas échappé aux pressions politiques, ce qui fait redouter à beaucoup un non-départ du tout d’Athènes.
A l’instar de la première flottille internationale dite de la liberté, ces bateaux ont pour but de "dénoncer et briser le siège israélien de Gaza, de promouvoir et faire respecter le droit international, de répondre à la crise humanitaire que subissent un million et demi de Palestiniens de Gaza" en prétendant franchir le mur maritime qui enferme la bande de Gaza dans cette fameuse prison à ciel ouvert dont tous ceux qui en reviennent parlent tant. Cette flottille est "un message de désobéissance civile mais pas de violence", rappelle Thomas Sommer-houdeville, l’un des organisateurs du Comité "Un bateau français pour Gaza" interviewé par le journaliste Quentin Girard.
Interrogé en janvier sur la réaction de la diplomatie française face au "bateau français pour Gaza", le comité de campagne répondait* : « Ils risquent de trouver des formules nous expliquant qu’ils sont contre le siège de Gaza mais que ce n’est pas comme cela qu’il faut faire. Ils ont appelé Israël à lever le blocus mais aucune sanction ne suit. Et on le sait que tant que qu’il en sera ainsi, il n’y a aucune raison pour qu’Israël ne continue pas. »
Questionné sur la réaction des Gazaouis par rapport à l’aide internationale, le comité déclarait : « Ils sont toujours au courant des démarches internationales de solidarité. Mais comme les Palestiniens, ce que nous voulons, c’est la fin du blocus. C’est la raison de la souffrance. Ils ne peuvent sortir ni entrer. Mais ils ont toujours l’espoir. Ils sont informés des actions, des manifestations. »
Que sera sensée transporter la flottille ? « C’est en discussion avec les coordinations nationales », répondait le comité de campagne. « Du matériel de construction, comme du ciment, ce qui manque pas mal à Gaza. Entre un tiers et un quart des maisons n’ont pas été reconstruites depuis "Plomb durci". Nous avons pris acte du premier échec relatif de la première flottille. Nous tirons le bilan d’un manque de soutien médiatique et politique. Cela dit, une grande partie du matériel a été acheminé et les bateaux arraisonnés ont été rendus. Il y a eu une levée partielle du blocus, promise au moment de la flottille. Mais certains produits restent interdits, notamment les médicaments. Une vingtaine d’ONG ont établi un rapport faisant le point sur l’inaboutissement des promesses d’Israël. La question n’est pas de d’assouplir le blocus mais de le lever. » Actuellement, on parle de 5 000 tonnes d’aide humanitaire que les dockers grecs ont promis de charger par solidarité malgré l’appel à la grève générale cette semaine.
La réponse fuse lorsque le comité est sollicité sur la stratégie de cette deuxième flottille : « Être médiatisé au niveau international. On représente le droit. Le blocus est illégal et ce n’est pas aux pirates de nous donner des ordres. La cause est non-violente. On n’a pas de rapports de force avec la quatrième puissance du monde. L’enjeu est de briser le blocus politiquement et non militairement. On doit travailler à ce que le monde entier le voit et qu’Israël assume son entière responsabilité d’Etat voyou. On sait qu’en a face on a un Etat très fort en terme de communication. Les cinq continents seront représentés dans cette flottille. Si la deuxième n’arrive pas, la troisième se composera peut-être d’une centaine de bateaux. Il n’y a qu’à considérer l’exemple tunisien. Il faut sortir de cette culture de l’échec et l’exemple de la Tunisie est là pour nous donner raison. Il faut pousser la France à avoir une autre position. »
Pour en savoir plus :
Destination Gaza. En direct de la flottille par Quentin Girard.
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