Petite surprise dans le dernier rapport d’activité du service anti-blanchiment de Bercy, Tracfin, qui reçoit les soupçons de blanchiment des banques, notaires, changeurs d’argent et autres professions : le document, fort bien fait au demeurant, oublie carrément l’affaire de l’UIMM, du nom de la fédération patronale de la métallurgie et de ses millions distribués en liquide. Millions dont la justice essaie désespérément de retrouver les heureux bénéficiaires.
L’affaire, transmise au parquet de Paris à l’automne 2007 après bien des tergiversations, a valu à Tracfin une perquisition en règle. L’objet était de retracer l’historique des soupçons reçus par Bercy, et soigneusement gardés dans le tiroir du service… alors que la justice aurait mérité de s’y intéresser dès les premiers doutes.
Dressant une typologie des cas traités par ce service de 65 fonctionnaires en 2007, Tracfin évoque un réseau de proxénétisme, une infiltration d’argent mafieux dans une entreprise viticole en provenance des Balkans ou une affaire d’importation de cigares cubains, entre autres. Mais si les messieurs de l’UIMM se grillent de temps en temps un bon cigare, sifflent une bouteille de vin grand cru, voire recoureraient aux services de call-girls payées en liquide, les enveloppes bourrées de billets visiblement remises à des hommes politiques, des syndicats et des journalistes ne sont nullement évoquées dans le rapport.