Une dépêche AFP signée du chef du service politique, Michel Sailhan, et co-signée de ses deux adjoints ainsi que du rédacteur en chef de l’agence, ce qui est rare, provoque quelques interrogations en interne. Diffusé sur le fil le 16 septembre et titré « Sarkozy se veut le président qui vole au secours des Français menacés », le papier est analysé par certains comme un véritable appel du pied à Nicolas Sarkozy. Il est vrai qu’après les attaques répétées de l’UMP et de Frédéric Lefebvre, député ultra-sarkozyste des Hauts-de-Seine, l’agence tente de préparer le terrain avant la réforme probable de son statut.
Voilà la dépêche en question, que chacun se fasse son idée :
Sarkozy se veut le président qui vole au secours des Français menacés (PAPIER D’ANGLE)
Par Michel SAILHAN
PARIS, 16 sept 2008 (AFP) - Des enfants de la maternelle de Neuilly aux otages arrachés aux pirates somaliens, Nicolas Sarkozy s’efforce, de longue date, de se forger l’image du président qui va "chercher ses compatriotes" en danger, où qu’ils soient. "Les ressortissants français, nos compatriotes, où qu’ils se trouvent doivent être protégés", a ainsi déclaré mardi le président de la République en se félicitant de l’opération des forces spéciales qui ont libéré deux plaisanciers français.
"Sur le territoire national, comme partout ailleurs dans le monde, un Français en danger, l’Etat mettra en oeuvre tous les moyens pour le protéger", a-t-il ajouté devant la presse. "Pour moi, deux otages français du Carré d’as (nom du voilier détourné), c’est la même chose que quarante otages français du Ponant", a-t-il ajouté, rappelant le précédent du 11 avril, lorsque les forces françaises avaient sauvé l’équipage de ce yacht de croisière, capturé lui aussi devant le Puntland, une région semi-autonome de Somalie.
M. Sarkozy avait donné le ton dès 1993 lorsque "Human Bomb", un déséquilibré, avait durant 48 heures menacé 21 enfants d’une école maternelle de Neuilly. Celui qui est alors maire de Neuilly récupère lui-même un des enfants qu’HB a libérés, et le prend dans ses bras, devant les caméras. "Ce ’ministre à l’enfant’ est devenu une véritable icône, l’une des vidéos les plus visionnées sur le net", écrivent les journalistes Christian Duplan, de l’hebdomadaire Marianne, et Bernard Pellegrin, de l’AFP, dans "Claude Guéant, l’homme qui murmure à l’oreille de Sarkozy" (Editions du Rocher, à paraître cette semaine).
Allant encore au-delà de cette image, Nicolas Sarkozy annonce, à peine élu le 6 mai 2007, son intention de porter secours à tous ses compatriotes en danger, mais aussi aux faibles et aux "opprimés" dans le monde entier. "La France sera aux côtés des infirmières libyennes (bulgares détenues en Libye, ndlr) enfermées depuis huit ans, la France n’abandonnera pas Ingrid Betancourt, la France n’abandonnera pas les femmes qu’on condamne à la burqa, la France n’abandonnera pas les femmes qui n’ont pas la liberté. La France sera du côté des opprimés du monde", dit-il dans son discours. Cette volonté de "ramener" les Français dans la difficulté va jusqu’à une promesse présidentielle d’aller "chercher" au Tchad "quoi qu’ils aient fait", l’équipe de l’association L’Arche de Zoé, incarcérés pour avoir tenté de sortir illégalement des enfants. Déclaration qui avait provoqué des manifestations anti-françaises.
Il rappelle aussi régulièrement qu’il s’efforce de "faire sortir Gilad Shalit", le soldat franco-israélien détenu par le Hamas. "Il apparaît désormais très clairement que l’Etat français se donne comme priorité la protection de l’ensemble de ses ressortissants et la libération de tous les otages à travers le monde, qu’ils soient médiatiques, à l’image d’Ingrid Betancourt ou des infirmières bulgares, ou encore parfaitement anonymes comme ce couple de plaisanciers", s’est empressé de souligner un porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, après l’opération au large de la Somalie.
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Ce n’est pas du journalisme, un journaliste ça enquête…
Ils oublient aussi qu’un journaliste est d’abord un contre-pouvoir
Il faudrait une vraie révolution culturelle à l’AFP