Nicolas Sarkozy n’avait pas été tendre, lors de son voyage aux Etats-Unis, avec les banques américaines impliquées dans la crise financière. Que « ceux qui mettent en danger l’argent des épargnants » soient « sanctionnés », s’était-il étranglé. De là à se brouiller avec eux… Le PDG de la banque Merill Lynch, John A. Thain, qui fait partie du lot visé, sera à Paris le 18 novembre, en guest star d’un gala fastueux organisé à l’Hôtel InterContinental. Au bord de la faillite, le groupe, qui avait cumulé 52 milliards de dollars de pertes depuis le début de la crise des « subprimes », vient d’être sauvé par le rachat in extremis de la Bank of America.
Preuve que la France accorde toute son importance à la moralisation du capitalisme, le conseiller diplomatique du président, Jean-David Levitte, sera de la partie, et rendra au passage « un hommage spécial » à l’ambassadeur des Etats-Unis en France, Craig R. Stapleton. Et c’est la French-American Foundation, dont la vocation est « d’enrichir les relations franco-américaines et encourager un dialogue actif entre les deux nations » qui régale… à condition de payer 1000 euros par tête pour faire partie des happy fews.