Lorsqu’il s’est retrouvé pour la seconde fois à l’étage VIP de la Santé (en octobre 2002), Pierre Falcone a fait une rencontre intéressante, comme il l’a raconté lundi 13 octobre au tribunal qui le juge à Paris pour le trafic d’armes présumé à l’Angola.
« Je tombe sur Alfred Sirven. Il s’approche de moi, et d’une voix forte et claire, devant les gardiens, il me dit : Mr Falcone, on a tellement de choses à se raconter… Après tout ce qu’on a fait pour vous sortir du jeu, vous avez quand même réussi vos préfis [préfinancements pétroliers] !! », a narré Falcone. Visiblement, l’homme d’affaires s’en souvient encore, jurant même qu’il avait à l’époque subi des menaces.
Et de rajouter qu’après avoir demandé à Elf en rentrant d’Angola, un jour de 1993, si « ses 20.000 barils/jour l’intéressait » et s’être vu opposé un niet, il aurait reçu deux ou trois jours plus tard un coup de fil de Luanda lui demandant où en était la réponse d’Elf. S’entendant répondre que le pétrolier français n’était pas intéressé, son interlocuteur angolais eut cette réaction : « Bah, Elf vient de sortir de mon bureau et croit savoir que nous cherchons quelqu’un pour placer 20.000 barils/jours et… se propose » .
Ah, les voleurs de contrat ! Mais Falcone s’en fichait, dit-il, préoccupé qu’il était par ces pauvres Angolais « dépourvus de tout ». Il en est d’ailleurs « tombé des nues » en mettant les pieds en Angola pour la première fois… Jean-Christophe Mitterrand l’a également constaté : le procureur « ne comprend rien à l’économie africaine ».
Si les pov’Angolais savaient combien certains de leurs dirigeants ont encaissé sur des comptes en Suisse à l’occasion de cet achat d’armes…