Lionel Jospin était l’invité en début de semaine à Genève de la Fondation pour le dialogue des civilisations. Une Fondation créée l’année dernière en Suisse, présidée par Mohammad Khatami, l’ancien président iranien de 1997 à 2005, et dirigée par Mohammed Reza Alborzi, l’ancien ambassadeur d’Iran auprès de l’ONU. Le thème de cette conférence très privée, organisée par le Club de Madrid et Oslo Center for Peace and human rights : « Religion & Politique ». L’ancien Premier ministre français est lui-même intervenu dans une table ronde intitulée « Religion, laïcité et démocratie », animée par l’ancienne vice-présidente iranienne Masoumeh Ebtekar, arrivée au pouvoir à l’occasion de la révolution islamique de 1979.
L’ancien dirigeant socialiste était en brillante compagnie, puisque l’ancien président du Portugal Jorge Sampaio et l’ex-Premier ministre de Norvège Kjell Magne Bondevik avaient également répondu à l’appel des Iraniens. Cela fait beaucoup d’anciens hommes politiques qui estiment avoir les mains plus libres pour entamer un dialogue avec le courant le plus modéré du régime iranien. Mohammad Khatami, qui ne se défait jamais de son éternel sourire, a pris soin d’inviter à cette conférence une vingtaine d’experts chrétiens, juifs et musulmans, venant de Norvège, de Syrie, de Turquie, de France et d’Egypte.
On peut être certain que ce n’est pas le président Mahmoud Ahmadinejad qui aurait pris l’initiative d’une telle rencontre à Téhéran.