Mardi après-midi 13 mai, à l’Assemblée nationale, le ministre de l’écologie et des transports Jean-Louis Borloo croyait dur comme fer que son texte de loi sur les OGM allait être voté sans souci en deuxième lecture. « Après avoir adopté 110 amendements au Sénat et 70 à l’Assemblée (…) il n’y a plus matière à débat. Nous devrions nous acheminer vers un vote consensuel » clamait-il.
Las, les socialistes ont déposé une motion de procédure, Germinal Peiro dénonçant en leur nom les reculs et les faux-semblants du texte. Première motion rejetée. C’est la « question préalable » du député communiste André Chassaigne, élu d’une région rurale du Puy-de-Dôme, très écouté par ses pairs, qui a provoqué le rejet du texte. Chassaigne a critiqué le risque de déséquilibre de l’implantation des cultures OGM sur les filières de production traditionnelle (AOC, Label rouge), risque qu’un de ses amendements voulait protéger. Signe du malaise sur ce sujet dans les rangs du groupe UMP, la question de Chassaigne, qui a visiblement fait mouche, a été adoptée par 136 voix, contre 135. Ce qui a provoqué mécaniquement le texte de loi du gouvernement, le contraignant à convoquer en urgence une commission mixte paritaire pour tenter de sauver les meubles. Le consensus à la Borloo est encore loin…