Que les gratte-papiers français se rassurent, ils ne sont pas
les seuls à visiter ou à recevoir de gentils policiers. Au Sénégal également. Dernier exemple en date, ce 15 juillet, le fondateur du quotidien
Le Quotidien a été auditionné pendant plusieurs heures par la division des investigations criminelles.
Madiambal Diagne, il faut le dire, est quand même impoli. Ce malotrus ose publier un journal indépendant et s’élever contre les « affaires » qui gangrènent la démocratie sénégalaise. Son tort du jour ? Avoir osé annoncé que son confrère
Abdou Latif Coulibaly allait être convoqué par la justice, après la sortie de son livre sur
Lonase : Pillage organisé qui narre par le menu
le dépècement de la loterie nationale sénégalais. Sitôt dit, sitôt convoqué ou presque. Et son interrogatoire n’a porté que sur un élément : sa source. «
Ils m’ont fait perdre mon temps, ils croyaient quoi que j’allais leur livrer ? », s’agace Diagne, que
Bakchich a pu joindre au sortir de son audition. Au moins, il est sorti libre… Il y a quatre ans, peu après la naissance de son journal, il avait gagné un joli séjour de 18 jours à Reubeuss, la prison qui achève la corniche de Dakar. Déjà malappris, il avait publié des documents estampillés confidentiels…