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Pierre Pasqua, le retour du fils prodigue!

Bravo l’artiste ! Chapeau bas devant la star du barreau ! L’avocat Pierre Haïk qui fut le défenseur aussi bien du grand Alfred (Sirven) que de Michel Roussin a réussi un joli tour de force. Son client, Pierre Pasqua, s’était réfugié depuis plusieurs années à Tunis a réussi un joli tour de force, alors qu’il faisait l’objet d’un mandat international de la part du juge Courroye dans l’affaire dite de « l’Angolagate ».

Or voici le fiston Pasqua qui rentre en France, vendredi dernier, tranquillement et sans être inquiété, en avion privé qui plus est. Après un rapide passage chez un juge des libertés et de la détention bien choisi puisqu’il doit être promu bientôt comme vice président du tribunal de Paris, Pierre Pasqua reste libre avec une caution de 200 000 euros. Ce jeudi, il comparait devant la cour d’appel de Paris dans le dossier Alstom, un des multiples sous dossiers de l’Angolagate, soupçonné d’avoir reçu une commission de 700 000 euros versés sur son compte suisse de l’Investment Bank Zurich (IBZ). Lundi prochain, rebelote… Pasqua Junior passe, cette fois en première instance, dans le dossier Sofremi, du nom de la société dépendant du ministère de l’Intérieur qui exportait des matériels de sécurité à travers le monde.


Pierre Pasqua

L’accompagneront, le même jour, quelques autres célébrités des réseaux Pasqua : les frères Safa, dont on reparlera dans l’hebdo de vendredi 5 octobre, et qui eux aussi comparaîtront libres malgré deux mandats d’arrêt internationaux ; Pierre Falcone, dit « la banane », grand spécialiste du courtage en armes avec l’Angola et intermédiaire pour la Sofremi qui faisait aussi l’objet d’un mandat d’arrêt international, l’équivalent pour les amis de Pasqua de la légion d’honneur.

Quant à monsieur Charles, qui était ministre au moment des faits évoqués dans les dossiers Alstom et Sofremi, il siège toujours au Sénat et arpente les plateaux de télé en s’indignant des mauvais procès qui lui sont faits. Son cas devrait être examiné par la Cour de justice de la République, saisie depuis trois ans ; mais le représentant du parquet désigné en janvier dernier pour écrire les conclusions semble s’être endormi sur ses dossiers pour encore quelque temps.

Les amis de Charly

Charles Pasqua n’apprécie pas particulièrement l’argent. Mais il n’aime guère en manquer. À la façon d’un Mitterrand. Et il a toujours aimé s’entourer d’amis riches. Dès demain, Bakchich dressera les portraits des principales figures des réseaux de Charlie : de feu Etienne Léandri à André Tarallo, en passant par Jean-Charles Marchiani, Jean-Jacques et Bernard Guillet ou le clan des africains, Tomi-Feliciaggi…

En Septembre 2005, Charles Pasqua avait eu chaud aux fesses lorsqu’il avait été convoqué par le juge Courroye qui ne passe pas pour un tendre. Charlie n’était plus député européen et pas encore sénateur, autant dire qu’il n’avait pas d’immunité. Le juge attendait depuis si longtemps son heure qu’on pouvait être inquiet pour le pauvre Charles. Heureusement, ce dernier a des amis partout, y compris chez Sarkozy. Le Procureur de Paris de l’époque, Yves Bot, sarkoziste de la première heure, décrocha son téléphone pour appeler le juge d’instruction :

« -Monsieur Courroye, il faudrait mieux convoquer Pasqua après les élections sénatoriales qui ont lieu bientôt, sinon on va nous reprocher d’interférer.

 Vous croyez vraiment, monsieur le Procureur ?

 Oui, d’autant que Pasqua n’a aucune chance d’être élu

 Très bien, reprend Courroye, je me range à votre avis, mais je vous parie une bouteille de bon whisky que Pasqua sera élu. »
Et en effet, Pasqua fut élu sénateur, et avec les voix des amis de Sarkozy dans les Hauts de seine, Courroye eux sa bouteille de (bon) whisky et la justice n’est pas sortie grandie de tout cela. Pas plus hier qu’aujourd’hui.

Ci-dessous : Lorsque les RG s’intéressaient- déja- à Charles et Pierre Pasqua. C’était en 1971…..