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Un parrain peut en faire chuter un autre

Les pépins judiciaires de Paul Lantiéri, que « Bakchich » avait décrits par le menu sont loin d’être terminés (cf. Les pépins judiciaires d’un Parrain corse).

L’implication (supposée) de Paul Lantiéri dans l’affaire de la tuerie des Marronniers, un bar marseillais en avril 2006 lui a déjà valu une mise en examen pour association de malfaiteurs. Acharnement judiciaire sans doute, trois jours après le dossier que Bakchich a consacré à cette affaire, soit le 5 novembre, une vague de perquisitions a été lancée. Cible des poulets, la brasserie du cercle Concorde à Paris et le restaurant la Rotonde à Aix-en-Provence. Deux établissements dont l’ami Paul était alors le gérant. Cerise sur le gâteau, les limiers avaient aussi traversé les Alpes pour fouiner à Genève, du côté de la SA Sextius, unique actionnaire de ces coquettes gargottes.

La pêche, semble-t-il, a été si miraculeuse que les flics en ont remis une couche depuis lundi et lancé une nouvelle vague d’arrestations et de perquisitions… Une véritable lame de fond qui a touché Paris, Ajaccio et la région marseillaise. Avec, comme cible principale, toujours le cercle Concorde, qui a été fermé le jour même.

En fait, l’affaire de la fusillade des Marronniers semble avoir fait un petit : une enquête pour blanchiment de fonds criminels.

Une vingtaine de joyeux drilles a été mise en cabane, placés en garde à vue, décrit-on poliment dans le milieu judiciaire, 600 000 euros saisis dans l’enceinte du cercle de jeux parisiens. Et surtout, la flicaille, si elle n’a pas encore mis la main sur Paul Lantiéri, s’est consolé avec un gros poisson dont elle a longtemps désespéré d’approcher : le légendaire Roland Cassone, 63 ans, souvent présenté comme le grand patron incontournable du milieu marseillais est en garde à vue depuis hier soir.

Le bon Roland a la réputation de faire autorité sur la région. Aucun coup sans son accord, aucune implantation sans son autorisation. Tout passe par lui, jusqu’aux ennuis de Robert-Louis Dreyfus, le patron de l’OM.

« Cassone c’est une figure, un monument, le dernier représentant d’un monde qui n’existe déjà plus, un milieu familial », décrivait lyrique, un flic marseillais. Formé par les frères Guérini, qui ont tenu le Marseille des années 60, puis bras droit de Jacky Imbert, dit « le Mat » (le fou) dans sa lutte contre Tany Zampa pour prendre le contrôle du milieu marseillais, Cassone a connu bien des luttes et s’en est toujours sorti indemne. La dernière vague de règlements de compte, au tournant des années 2000, qui a fauché Francis Le Belge et ses lieutenants l’a épargné. Tout comme la justice, jusqu’à présent.

Le dossier de Bakchich sur le cercle Concorde et la brasserie de Marronniers :

- Les pépins judiciaires d’un parrain corse]

- Réglement de compte sanglant autour des machines à sous

- Farid Berrhama, dit l’Indien

- Monsieur Paul, le parrain

- Cercle Concorde : à la recherche de l’idéal républicain