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Un joli conte patronal
Demandez à un gamin de cinq ans ce qu’il pense de l’affaire Gautier-Sauvagnac et des fonds secrets de l’Union des industries métallurgiques et minières (UIMM) : il vous répondra qu’il y a quelque chose de pourri dans le patronat. Demandez son avis à un journaliste : il vous répondra que le patronat est le dernier refuge des honnêtes gens.
Par un ahurissant tour de passe-passe, en effet, ce gigantesque scandale a été ramené, dans la presse, en l’espace de quelques jours, à « un bras de fer entre la patronne du MEDEF », Laurence Parisot, qui est gentille, « et les barons conservateurs de l’UIMM » , qui sont méchants. À une confrontation entre le Bien (« le patronat du XXIème siècle ») et le Mal (les « héritiers du Comité des forges »).
C’est, il est vrai, un peu simpliste.
Mais tellement commode : plutôt que de se fatiguer les semelles à enquêter, on fabrique, à peu de frais, une belle histoire qui, aux longues soirées d’hiver, mettra de la joie dans les chaumières – et qui, accessoirement, ne fera pas trop de peine au MEDEF.
Un très joli conte, où une héroïne, fragile mais admirablement déterminée (Laurence Parisot), monte seule à l’assaut du noir donjon (l’UIMM) d’un sombre seigneur (Denis Gautier-Sauvagnac) – et reçoit, pour prix de son courage, le renfort de preux chevaliers (Yves Jego, Patrick Devedjian, Michel Rocard, on ne rit pas), qui vont, si tout se passe bien, lui démerder le truc à grands coups de « capitalisme moral » et de « démocratie sociale ».
Un très joli conte pour endormir les enfants – de 7 à 77 ans.



