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Affaires judiciaires: Bertrand Delanoë veille moins au grain

En l’an 2000, le futur maire de Paris avait averti tous ses poulains : pas de « mis en examen » sur les listes socialistes. Aussitôt dit, aussitôt fait, Bertrand Delanoë, selon une dépêche de l’AFP de décembre 2000, avait privé d’élections municipales Jean-Marie Le Guen et Jean-Christophe Cambadélis, alors mis en examen dans l’affaire de la MNEF. Au coin, messieurs les députés.

C’est raté pour 2008 ! Un mandat plus tard, Delanoë a lâché du lest et semble avoir enterré ses belles paroles. Lyne Cohen-Solal a été autorisée à se présenter aux élections et bataille, en ce moment-même, pour reprendre la mairie du Vème arrondissement. Et ce, malgré la relance en juin 2007 d’une instruction pour détournements de fonds publics et recel d’abus de confiance, dont elle pourrait, au finish, faire les frais.

L’adjointe du Maire de Paris au commerce et à l’artisanat est accusée par un contribuable lillois d’avoir bénéficié, en 1992, d’un emploi fictif - tout de suite les grands mots ! - au cabinet de Pierre Mauroy, président de la Communauté urbaine de Lille. Alors que Cohen-Solal croyait avoir échappé à toute poursuite en 2004, la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Amiens a ordonné en 2007 une nouvelle instruction contre Lyne Cohen-Solal, dixit une seconde dépêche de l’AFP de juin dernier, qui précisait : « Le plaignant faisait valoir que Mme Cohen-Solal occupait en même temps un poste d’attachée de presse de M. Mauroy et de rédactrice en chef de l’hebdomadaire du PS Vendredi, à Paris. ». Pourtant, en s’organisant bien, c’est vrai qu’on peut cumuler deux jobs…

L’affaire n’empêche pourtant pas Delanoë himself de soutenir sa chouchoute et d’interpeller les habitants du quartier sur le site de ladite candidate : « En accordant votre confiance à la liste qu’elle conduit, vous pourrez compter sur des élus compétents et dynamiques, attachés aux valeurs de transparence… ». [La phrase n’apparaît curieusement plus sur le site depuis le jeudi 13 mars ndlr]

Du reste, ça lui fera toujours un point commun avec son ennemi de toujours Jean Tibéri, gardien UMP du Vème arrondissement, lui aussi aux prises avec la justice. Du côté de Lyne Cohen-Solal, on assure que la candidate avait un emploi tout à fait réel à Lille : « Sa mise en examen n’a rien à voir avec celle de Monsieur Tibéri pour fraude électorale ». Autre sujet de discussion possible entre les deux candidats dans le Vème : la longueur de leurs procédures respectives, qui n’en finissent pas de durer et rebondir…

Lire ou relire le numéro de Bakchich consacré aux municipales :

Des municipales au poil