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Marseille: stress au PS

Dans la défaite, le silence est d’or. Et le PS marseillais, après avoir cru voir la vierge, avant les élections municipales, s’est plongé dans un léger mutisme médiatique. Sans doute trop heureux, le plus gouailleur d’entre les socialistes n’a toutefois pu se retenir. Patrick « Ségolin » Mennucci, seul socialo à avoir réussi à arracher à la droite une mairie, s’est laissé emporter par sa fougue. Et a annoncé dès le lendemain du scrutin qu’un recours serait déposé dans le 3e secteur, le scrutin clé qui a fait basculer la mairie à droite. « Je pense qu’il y a un certain nombre de faux électeurs inscrits, des gens qui habitent dans le Var. On a un certain nombre de choses qu’on fera valoir », haranguait-il. L’enjeu est de taille. En basculant du côté de Muselier, plutôt que de champion socialiste Jean-Noël Guérini, le secteur a offert la mairie à la droite, pour 996 voix. Un écart qui se discute et qui peut rapporter gros : l’Hôtel de Ville.

Étonnamment, depuis, pas un mot du principal intéressé, Jean-Noël Guérini. Bien moins à l’aise face caméra que l’ancien bateleur de Ségolène Royal, le président du conseil général n’a pas pipé mot.

Un recours ? Décision mardi prochain…

Et à l’énoncé de ce recours, claironné en début de semaine, les acteurs de la campagne socialiste contactés vendredi par Bakchich, ne masquent pas leur malaise. « Pas au courant », souffle là un rouage essentiel de la campagne, « demandez au premier secrétaire Eugène Caselli », « je sais pas où ça en est ». Bref, une patate chaude que même Patrick Mennucci ne veut plus avaler. « Je suis fatigué hein, c’est pas mon secteur, appelez-les concernés », s’échappe Ségolin, qu’on a connu plus affable. Dernier mot socialiste lâché à Bakchich : « La décision sera prise mardi prochain ».

Un léger retournement de tendance au moment alors que le délai de recours, selon les documents du ministère de l’Intérieur, a expiré vendredi 21 mars à 18 heures…

À croire que la défaite a lézardé la belle unité qui a prévalu durant la campagne, entre ces opposants que tout oppose.

Le scénario catastrophe, prophétisé par Bakchich a bel et bien eu lieu pour Guérini. Avec l’élection de Mennucci d’abord, qui a ravi une mairie à la droite ; avec sa défaite ensuite dans le secteur-clé qui lui fait porter le doucereux fardeau de la défaite… Enfin, avec la résurrection de François Bernardini, l’ancien grand-maître socialiste de la fédération, qui a triomphé d’une alliance droite-gauche pour reconquérir sa mairie d’Istres. « Prononcer son seul nom suffit à faire blêmir Guérini de rage », murmure un amateur de bouillabaisse local. Et le garçon dispose d’encore bien des appuis.

Le leadership de Guérini pas encore contesté

« Sûr qu’entre le ‘’Patou’’ et le Bernardini, Guérini va avoir du boulot pour maintenir ses troupes », pronostique un vieux connaisseur. Mais depuis le vaisseau bleu, le surnom du siège du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, Jean Nono Guérini est bien amarré.

Certes, le 17 mars, le rafiot a légèrement tangué lors d’une réunion des socialistes. Les vieilles rancoeurs ont ressurgi après la défaite, mais sans que le leadership de Guérini soit formellement contesté. « Son rôle de leader pour les prochaines joutes électorales a été voté à l’unanimité », décrit un membre présent à la réunion.

Tout un chacun connaît aussi sa maîtrise des arcanes de la fédération. Et le rôle clé dévolu à son fidèle frère Alexandre, dans la gestion des adhésions, officiellement géré par l’ancien Frontiste et ex OAS Théodore Balalas. Quand vient l’heure du renouvellement des cartes, « c’est Alexandre qui gère, Théo qui acquiesce et gare à la soufflante pour celui qui proteste », décrit encore amusé un témoin de telles scènes.

« Les lendemains de défaite, des petites tensions se font jour, d’autant que le congrès national ne va pas trop tarder », minimise un acteur phare de la campagne municipale. « Ce n’est pas l’heure de la révolution de palais ». Pas encore… Une révolution, ça se prépare.