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NKM des champs, le vert est dans le fruit

Le bonheur, c’est simple comme un coup de fil. Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), 35 ans dans un mois, secrétaire d’État à l’Écologie et maire de Longjumeau (Essonne) n’hésite jamais à décrocher le combiné. Toujours pour sa bonne cause. Un maire sortant qui ne souhaite pas sortir de Longjumeau ? Ça sonne chez Bernard Laporte : Bernard Nieuviaert atterrit comme chargé de mission à l’insertion par le sport, un CDD de deux ans.

NKM fait le ménage

« Je suis intervenue en effet mais parce que Bernard Nieuviaert était qualifié pour ce poste, la ville de Longjumeau a été classée première pour sa politique d’insertion par le sport », reconnaît NKM, entre deux séances pugilistiques à l’Assemblée nationale.

L’ex-maire refuse aujourd’hui de commenter son éviction. « Il faut le comprendre, pour le faire partir, ils ont menacé de lui trouver une maîtresse ou des magouilles d’argent à la mairie. Comme il a adopté des enfants, il a préféré leur consacrer du temps », explique un ancien adjoint. La place est presque libre.

Jean-Claude Marquez, le candidat PS, à l’hôtel de ville de cette petite commune de l’Essonne peut succéder à la droite ? On retrouve opportunément la trace de l’ancien maire PS jusqu’en 2001, Philippe Schmit, qui tient Marquez pour responsable de sa défaite en 2001, devenu directeur général des services de la communauté de commune de Rambouillet (Yvelines), dirigée par Gérard Larcher, ex-ministre du travail de Chirac.

Alors qu’il avait déserté le conseil municipal depuis quelques années, voilà Schmit de retour à la veille de l’élection municipale. Coïncidence : il a été nommé inspecteur général de l’équipement quelques jours auparavant. Une fonction qui dépend du ministère de l’Environnement où NKM est secrétaire d’État.

Il n’a pas souhaité fêté sa nomination avec Bakchich qui l’a contacté pour le féliciter. « Je ne me suis absolument pas occupée de cela. Ce n’est un secret pour personne que Marquez et Schmit se détestent. Chacun accuse l’autre d’être de droite. » explique NKM, indignée qu’on lui prête de telles pratiques. Elle gagne la ville de 39 voix contre Marquez. Un recours a été déposé depuis.

Nathalie cherche son nid

NKM n’a pas eu trop de difficultés à se faire une place en Essonne. Bébé Chirac, elle est couvée par le Président et surtout par Jérôme Monod, l’ancien conseiller et stratège de l’Élysée. Elle veut se faire élire. On essaye les Hauts-de-Seine. Mais Pasqua veille même si papa est déjà dans la place, il est maire de Sèvres. Elle tente alors le Val-de-Marne. Recalée. Toubon appelle la fédé. « On n’en veut pas » clament les notables RPR. Alors l’Essonne ? Tope-là. « Elle a dit à Wiltzer, le député : “J’ai les moyens de vous faire ministre , alors prenez-moi comme suppléante” ». NKM sait parler aux hommes.

« C’est ridicule :ça ne se passe pas comme ça. Vous vous faites le réceptacle de tous mes opposants, qu’ils soient à l’UMP ou au PS. Mon implantation a suscité des jalousies, un député de la majorité m’a même promis qu’il allait me faire un sale coup bientôt, ce ne serait pas votre article par hasard ? J’ai commencé la politique sans être élue, j’étais responsable de l’environnement au RPR sans avoir adhéré puis de la partie environnement du programme de Jacques Chirac. Je pensais que je pouvais m’implanter à Clamart (Hauts-de-Seine), il n’y pas eu de suite. Et Jerôme Monod qui connaît bien Pierre André Wiltzer m’a fait savoir qu’il était prêt à accueillir une jeune femme pour prendre sa succession ».

La chouchoute de l’Élysée

Wiltzer devient ministre de la francophonie en 2002 et NKM députée. Elle laboure le terrain. « Les sacs plein de décoration, légions d’honneur, ordre national du mérite, pour se constituer une clientèle. A l’Élysée, on ne lui refusait rien » dit un de ses anciens compagnons de route. Car NKM ne compte pas s’arrêter au Palais Bourbon. Députée, elle est élue conseiller général en 2004.

L’Élysée ? « Ce n’est pas le moment pour moi de répondre à ce genre de question. J’ai assez de gens qui me tombent dessus en ce moment pour ne pas en rajouter » . On la décrit comme une machine bien huilée, un peu distante. Un de ses camarades de parti n’y est pas allé de main-morte : « Elle est au sentiment humain, ce que Terminator est à a bibliothèque rose ». Nathalie Kosciusko-Morizet se fâche : « Je n’ai pas de leçon à recevoir, celui qui a dit ça a été condamné par la justice ! ».

A nouveau quand Wiltzer quitte le gouvernement, il souhaite retrouver son siège de député. Nouveau coup de fil : on lui crée un poste sur mesure, ambassadeur itinérant à la prévention des conflits. A l’Élysée, Chirac et Monod ne refusent rien à NKM. Aux législatives de 2007, re-belote mais Chirac n’est plus là. Qu’importe, Wiltzer ne retournera pas au Palais Bourbon, il dirigera l’Agence française de développement. Lot de consolation : il souhaitait être sénateur. Et là c’est Serge Dassault qui est intervenu au nom des liens immémoriaux avec les Morizet. « Ce sont des racontards, Wiltzer a été atteint par la limite d’âge, à 65 ans, il ne pouvait plus être ambassadeur ! » rectifie NKM.

« Elle est prête à tout pour réussir, c’est une tueuse ». Bizarre, à la télé et dans la presse traditionnelle, on ne la voit pas ainsi. Pourtant, le pouvoir, elle aime. Elle prétend étendre son influence à plusieurs kilomètres à la ronde autour de sa mairie et de sa circonscription, puisqu’elle est députée.
Trois de ses proches s’y sont essayés. Son mari, ancien membre de l’état-major d’EADS, son garde du corps et sa secrétaire. Ils ont tenté de ravir des municipalités, mais tous ont échoué. A Marcoussis (91), Nozay (91) ou Longpont (91), le téléphone ne passe pas.