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Sarko a déjà atteint la date de péremption

Pas de bol, il ne peut pas grand-chose pour nous. La faute au prix du baril, aux subprimes, à l’Euro et à la hausse des matières premières. Sans parler du déficit budgétaire, qui remonte à Giscard, et des 35 heures, invention diabolique des socialistes. Bref, c’est pas le mauvais gars, mais le monde entier s’est ligué contre lui.

D’un autre que Sarkozy, le discours n’aurait pas choqué. Mais qu’un homme dont toute la stratégie repose sur l’éloge permanent de la volonté en politique vienne invoquer sinon la fatalité, du moins les contraintes internationales et l’héritage pour justifier son impuissance apparaît tout simplement minable. César se couche.

La contrition ne remplace pas le beurre dans les épinards

S’il s’agissait de reconquérir l’opinion, c’est plutôt loupé. Qui peut-être convaincu par ce mea-culpa ? La contrition ne remplace pas le beurre dans les épinards. Ni même le gas-oil.

Le génial stratège a un temps de retard. Il la joue modeste quand on en est à le questionner sur le bifteck. Mais ce n’est plus le bling-bling qui agace. C’est le porte-monnaie désespérément vide.

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A l’évidence, malgré le renfort de Thierry Saussez, personne ne s’est rendu compte, à l’Elysée, que le corps électoral avait changé, qu’il se comporte davantage comme un consommateur collectif que comme un croyant. Le vote du 10 mai 1981 a été le dernier à obéir à un ressort idéologique. Depuis, les Français instrumentalisent joyeusement les politiques. Mécontents en 1983, ils plébiscitent la droite aux municipales. Ce qui ne les empêchera pas de reconduire Mitterrand en 1988, après avoir fait l’expérience de Chirac en 86.

Le politique, un produit comme un autre…

Bref, dès que le service n’est pas à la hauteur, on se rue chez le concurrent. C’est ainsi qu’il faut lire la victoire de la gauche aux dernières élections municipales. On change de canasson, voilà tout. La foi, les convictions n’ont rien à voir dans l’histoire.

Etrange sécularisation d’un domaine – la politique – longtemps régi par les lois du sacré. Désormais, ce sont celles du marché qui prédominent. Le mieux disant l’emporte, à charge pour lui de satisfaire la demande.

C’est pour avoir oublié cet impératif que Nicolas Sarkozy décroche. La Rolex et les Ray-ban, si elles ont agacé, ne sont pas la cause du naufrage. Mieux, l’opinion était prête à s’en accommoder, pourvu que la fiche de paie ait été à la hauteur des promesses. S’inquiète-t-on de la blouse de l’épicier quand celui-ci écrase les prix ?