Vous êtes ici

Les docteurs du net et les référenceurs du vent

Un article paru dans le Figaro Economie du vendredi 24 avril a provoqué un fou rire général dans le landerneau de la google-nologie.

De quoi s’agit-il ? Tout simplement de Jacques Herail, l’ex-argentier de Havas qui est présenté comme le nouveau roi du référencement sur Internet, grâce à la société qu’il préside, LSF Interactive.
Le référencement, c’est cette activité essentielle qui consiste à mieux positionner les sites web sur les moteurs de recherche, afin de doper leur audience. Avec la multiplication des sites web dans le secteur économique, la profession du référencement est devenue une jungle… car à ce jour, dans le métier, nul n’est tenu d’avoir de diplôme.

Et car l’ignorance générale de ce métier et particulièrement des choses de l’informatique qui consistent à valoriser nos contenus (pour un site d’info comme Bakchich comme pour un site web d’une boulangerie de quartier) sur la toile, nous amène à nous faire facilement rouler dans la farine et à sortir le gros chèque en disant à notre supposé sauveur : « Je dois vous faire un chèque de combien pour être le mieux référencé sur Google ? ».

Tapez le mot « référencement » sur le moteur de recherche américain, et vous vous apercevrez qu’il y a autant de spécialistes dans ce domaine que de vendeurs à la sauvette au marché des voleurs de Barbès.
Aujourd’hui, n’importe quelle agence de communication est devenue spécialiste du référencement. Et dans ce nouveau domaine, les baratineurs sont légions.

Revenons à Jacques Herail. Le président LSF Interactive a fait très fort en obtenant un tel article dans Le Figaro, un de ses nombreux clients. C’est à peut près comme si le journal de Dassault consacrait un article à son imprimeur en expliquant qu’il possède la meilleure rotative de France.
LSF Interactive n’est pas meilleure agence qu’une autre dans le domaine du référencement. Et si Jacques Herail explique qu’il a obtenu un contrat avec le site de la télé France24, il ne dit pas tout. Surtout pas qu’il y a deux ans, il est parti fâché d’Havas parce que les administrateurs de la boîte lui reprochaient d’avoir obtenu un grand parapluie pour son ami Alain de Pouzilhac, patron de la chaîne d’informations.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que les docteurs du net émettent des doutes sur la façon dont Jacques Herail a obtenu le contrat de référencement du site de « notre petite BBC ».

Ceux qui s’intéressent de près ou de loin à ces questions savent que si LSF Interactive existe dans le marché du référencement, c’est grâce à son docteur du Net, François Houste. Un as du référencement quelque peu introverti qui ne court pas les dîners de publicitaires, contrairement à Jacques Herail.
Diplômé de l’université de Lille en Science et technologie, François Houste est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’informatique et les jeux vidéos. Voilà bien un homme qui, dans le domaine de la google-nologie, compte plus que Jacques Herail et son carnet d’adresse. Malheureusement, l’article du Figaro ne valorise pas l’expertise de François Houste.

Avant de conclure ce papier, voici deux informations sur le monde du référencement qui méritent d’être signalées à Eric Besson, notre ministre de l’Internet :

À la rentrée scolaire 2008-2009, l’IUT de Mulhouse nous offrira la première formation universitaire du référencement en France. L’initiative fait au moins un heureux, François Houste (lire son blog).

Et l’association SEO-CAMP, qui réunit nos plus brillants référenceurs, est née il y a deux mois à Paris. Elle organise régulièrement des apéro-référencements. Le prochain aura lieu le 22 mai à Toulouse, avec comme thème : « Quelle formation de référencement dans les établissements d’enseignement supérieur ? »

Les premiers membres parrainés de SEO-CAMP ont plus le profil de passionnés du référencement que de simples malins qui ont senti un bon filon à Bakchich dans le monde du net. Pour l’instant, Jacques Herail n’est pas encore membre.