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«~Rendez-nous Marchais, on vous laisse Elkabbach!~»
Pour un peu, on se prendrait à fredonner la Bohème d’Aznavour. « Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… » En l’occurrence, vous songez à la grande époque des duels opposant feu Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste français à Jean-Pierre Elkabbach, alors animateur avec Patrice Duhamel des émissions politiques d’Antenne 2, l’ancien nom de France 2.« Mais où est le nouveau Marchais qui fera taire ce clown ? » se lamente Spino avant de se reprendre « (en être réduit à regretter Marchais, moi j’vous l’dit, le début du XXIème siècle est pas glorieux-glorieux) »
Ce n’est pas la première fois que cette réflexion vient sous votre plume à l’occasion d’un article consacré à l’actuel patron d’Europe 1. La formule est en passe de devenir un gimmick.
Du coup, Bakchich est allé rechercher rechercher deux scènes
d’anthologie sur Dailymotion. Une soirée électorale et un débat de Cartes sur tables, une des grandes émissions politiques d’Antenne 2. Et cette remontée dans le temps se révèle éclairante à plus d’un titre.
Taisez-vous, Elkabbach !
envoyé par ricar_mm
Incroyables séquences. Marchais piétine allègrement le journaliste. « C’est extrêmement désagréable de discuter avec vous… L’information avec vous a du mal à s’exprimer… Vous êtes des cumulards… » L’adjectif « complaisant » qui a tant irrité l’actuel directeur de la rédaction d’Europe 1 apparait presque insignifiant au regard du tombereau d’insultes que déverse le secrétaire général du PCF.
Trouille ou complaisance ?
Surtout, ce qui frappe, c’est l’absence de réactions de la part de Jean-Pierre Elkabbach. Peur des représailles ? En 1981, le PCF pèse autour de 15% de l’électorat. C’est beaucoup comparé à aujourd’hui. Mais déjà en recul par rapport au score de Jacques Duclos, en 1969, qui avait recueilli près de 22% des voix.
C’est donc au leader d’une formation qui décline lentement que Jean-Pierre Elkabbach a affaire. Les risques sont limités. Et pourtant l’interviewer reste sans voix.
Pour un peu, on soupçonnerait chez lui de la complaisance. Complaisance pour le formidable spectacle médiatique que les colères - souvent feintes- -de Georges Marchais procurent à bon compte. L’audimat vaut bien qu’on joue les carpettes.
A moins, tout simplement que le culot et la mauvaise foi de Marchais, n’aient effrayé le journaliste. Dame, ce client était capable de tout sur un plateau. Et se faire ramasser, en direct, devant des millions de téléspectateurs n’est pas particulièrement agréable.
Dommage. C’eût été là, pourtant, une formidable occasion de placer une de ces remarquables leçons de déontologie dont Jean-Pierre ( il me permettra de l’appeler par son prénom, entre confrères) nous a gratifiés récemment dans la Croix… Mais, à cette époque, internet n’existait pas et le président d’Europe 1 n’avait pas encore enterré Pascal Sevran !



