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Le Grenelle de l’insertion : derrière les symboles, le flou artistique

Du point de vue de la communication, le timing aura été parfait : Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarité actives, remettra le rapport final du Grenelle de l’insertion ce jeudi 27 mai, dans la salle des accords du Grenelle au ministère du travail. Belle symbolique en cette époque de commémorations du mouvement de 68. Cependant, quand on s’éloigne des métaphores, le rapprochement entre les deux événements devient laborieux.

L’utilité du Grenelle de l’insertion, vaste concertation entre différents acteurs du social, dépendra du désir du gouvernement à entendre ses conclusions. Or, pour l’instant, celui-ci poursuit en autiste sa réflexion sur les réformes du service public de l’emploi et de la formation professionnelle. Quand le Grenelle de l’insertion recommande de simplifier et clarifier les dispositifs, le gouvernement en crée des nouveaux. Le contrat d’autonomie destiné aux jeunes de « zones urbaines sensibles », lancé par plan Espoir banlieues, rentre déjà en concurrence avec le Contrat d’insertion de la vie sociale (Civis) existant. Une série de recommandations du Grenelle concernent le futur service public de l’emploi qui naîtra de la fusion entre l’ANPE et l’UNEDIC. Or, celui-ci est pour l’instant discuté dans les méandres du ministère de l’économie sans lien aucun avec la concertation sur les solidarités actives.

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Le SAV du Grenelle de l’insertion
© PieR Gajewski

Nombre de participants doutent de l’opportunité d’avoir lancé une grande réforme de l’insertion dans un contexte peu favorable aux pauvres, pour rester dans les euphémismes. Ce doute grandissait tout au long du Grenelle, alimenté par les annonces du président de la République sur le financement du Revenu de solidarité active, mesure phare de Martin Hirsch. Le Haut commissaire n’a pas bronché quand Nicolas Sarkozy a annoncé 1,5 milliard d’euros au lieu des 3 milliards demandés. Il a assuré ne pas avoir d’états d’âme de démanteler la Prime au retour à l’emploi au nom du RSA, alors que dans les couloirs du Grenelle on se disait choqué par l’idée de prendre aux pauvres pour donner à d’autres pauvres.

Demandes de clarifications budgétaires

Dans ce vaste remaniement des minima sociaux, le Haut commissariat lorgne aussi sur les aides facultatives des Centres communaux d’action sociale (CCAS). Ce sont des secours d’urgence pour l’alimentation, l’énergie ou les transports que les communes distribuent à leurs habitants, prévenant souvent des situations catastrophiques. L’Union nationale des CCAS a exprimé vivement son hostilité de voir les budgets sociaux des communes expropriées pour les besoins d’une politique nationale.

De leur côté, les départements s’interrogent sur le financement du RSA, alors que le déficit des transferts de l’Etat pour le RMI dépasse 1,5 milliard d’euros. Le RSA, dont la généralisation est toujours annoncée pour 2009, ne donne pas encore de résultats claires. Au début, l’idée d’inciter financièrement la reprise d’activité avait séduit. Aujourd’hui, les départements qui expérimentent le RSA sont sceptiques sur son efficacité : aide-t-il réellement les personnes à retrouver un emploi ?
Les régions qui ont la compétence de la formation professionnelle sont également dans l’attente de clarifications budgétaires. Pour l’instant, elles financent la formation des demandeurs d’emploi. Mais si le droit à la formation s’étend aux personnes en insertion, comme le recommande le Grenelle, qui prendra en charge le surcoût ?

Les questions que laisse le Grenelle de l’insertion sont bien plus nombreuses que ses propositions. Le Haut commissaire devra s’employer désormais à trouver des réponses concrètes.

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Plus belle prise de l’ouverture sarkozienne, Martin Hirsch, l’ancien patron d’Emmaüs, se prend les pieds dans le tapis du Revenu de solidarité active. Et pas grand monde n’a envie de le relever. Que c’est beau un gouvernement (…)