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Raffarin en fait trop pour la Présidence du Sénat

« Il en fait trop ! », commente, agacé, un proche de Nicolas Sarkozy, reflétant l’avis du Président. Ces dernières semaines, Jean-Pierre Raffarin candidat à la présidence du Sénat dont il est l’un des membres depuis 1995, n’a eu de cesse de revendiquer le soutien du chef de l’État. « Le président de la République m’a encouragé à m’engager pleinement et prioritairement dans cette élection. En allant jusqu’au bout ! », fanfaronnait Jean-Pierre Raffarin, à l’Université d’été de l’UMP à Royan, en ajoutant être l’« un des rares » à pouvoir lui parler droit dans les yeux. Des propos qui ont eu le don d’agacer l’Élysée où le maître mot est clair depuis le début : « le Président ne se mêle pas de l’élection. Les sénateurs sont assez grands pour régler ça tout seul ». D’ailleurs, soupire un conseiller las de voir Raffarin se répandre dans les médias, « Nicolas Sarkozy a emmené Philippe Marini en Syrie et il a confié un rapport sur l’hôpital à Gérard Larcher [reçu de nouveau à l’Élysée, le 19 septembre]. Il distribue équitablement son soutien. Il n’y a aucun favoritisme ».

La route est droite mais la pente est raide

Le sénateur de la Vienne n’a pourtant pas ménagé ses efforts : coller Sarko et le citer tous les deux mots. « Nicolas Sarkozy sera jeudi dans la ville de mon enfance, Châtelaillon. », écrivait « JPR » sur son blog, le 9 septembre. « Le choix de Châtelaillon (Charente-Maritime) est un geste sympathique du président à mon endroit ». Sous-entendu : Sarko l’aurait fait exprès, rien que pour lui faire plaisir. Sympa, l’ami ! En tout cas, Raffarin n’a pas boudé son plaisir avec un grand sourire scotché aux lèvres pendant toute la durée du déplacement.

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Tant que le navire n’a pas heurté l’iceberg, la croisière continue
© Mor

La route est droite mais la pente est raide… comme le disait il y a encore quelques années un certain Jean-Pierre Raffarin. À trop s’afficher dans les médias et à fanfaronner sur sa stature d’homme d’État, le sénateur de la Vienne, a fini par agacer à l’intérieur même du Sénat où les sénateurs défendent scrupuleusement leur indépendance. Ce qui n’a pas échappé au sénateur de l’Orne, Alain Lambert, qui refuse - pour l’instant - de se plier à la primaire : « Il n’est pas certains que cette stratégie soit la meilleure. Jean-Pierre Raffarin gagnerait à affirmer, avec plus d’autorité, son point de vue. Il a cette forme de crainte révérencielle par rapport à l’exécutif. Il gagnerait à s’y soustraire ». Bien vu, réplique Philippe Marini, sénateur de l’Oise et lui aussi candidat au Plateau. « Le président du Sénat sera d’autant plus utile à l’exécutif qu’il arrivera avec une certaine position d’indépendance ». Avant d’ajouter : « Ça ne se passe pas dans les médias, mais dans les têtes ». Suivez le regard…

Tant que le navire n’a pas heurté l’iceberg, la croisière continue

Raffarin, qui souhaite un Sénat « libre et loyal », a donc vu la cote de son concurrent Gérard Larcher monter en flèche. Moins connu du grand public mais opérant une campagne de fourmi dans les couloirs du Sénat, le sénateur des Yvelines a tracé son sillon. D’autant plus qu’il jouit d’un autre avantage. Il est issu de l’ex-RPR, majoritaire au sein de l’UMP, face à un Raffarin issu de la famille centriste. Pour résister, Raffarin a multiplié les déplacements, histoire d’aller à la rencontre des sénateurs… et des électeurs, « dans soixante-six départements », convaincu qu’ils s’en souviendraient lors de la primaire. En particulier, les petits nouveaux puisqu’aux 102 sièges à renouveler ce dimanche 21 septembre, se sont ajoutés 12 nouveaux sièges à pourvoir. « Ce n’est pas une désignation mais une élection », a répliqué, cinglant, l’entourage de Gérard Larcher.

Ambiance… Les primaires UMP seront retransmises en direct aujourd’hui. Mais aucun des candidats ne sera autorisé à écouter celui de ses concurrents. Encore moins le suivre à la télé. Mais comme disait Raff’ dans une de ses petites raffarinades dont il a le secret : « La confiance est une exigence. L’expérience est une qualité. Et la surprise, un atout ». Raffarin ne pourra donc que se réjouir du résultat. Quel qu’il soit. « Tant que le navire n’a pas heurté l’iceberg, la croisière continue », se répétait l’ex-Premier ministre quand il était à Matignon. L’avantage des raffarinades, c’est qu’elles servent toujours…

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